Vendredi 30 octobre 2009
Vous savez peut être ce qu'est un VN, a.k.a les Visual Novel, ce qui semble être un passage obligatoire dans le parcours de l'otaque moyen. Ce sont des sortes de livres dont vous êtes le héros, des images fixes, des petites musiques d'ascenseur, des choix à faire et vous progressez dans l'histoire dont le principal objectif sera de choper le PROFIT et de vous taper telle ou telle gonzesse. Un principe amusant et rigolo que nous n'aborderont pas aujourd'hui car on s'en fout un peu.



Nan en fait le vrai sujet du jour c'est l'une des trilogies les plus exaltantes qui puisse exister sur DS, et si vous n'avez pas reconnu l'image ci dessus il est temps de vous apprendre la vie un peu. Je viens de finir Justice For All, le troisième opus de la Saga Phoenix Wright, Ace Attorney, qui est, un peu à sa façon, un visual novel. On suit une histoire, qui a son déroulement prédéfini, sa fin prédéfinie, l'unique façon de progresser est de lire les textes et de présenter les bons objets au bon moment. Pourquoi des objets? Phoenix Wright est une simulation d'avocat de la défense, vous incarnez un jeune loup de 24 ans, tout juste équipé de son badge (que vous allez montrer à tout le monde, pour le fun) qui va subir son premier procès et défendre son premier client.
Ceci étant fait, un PLOT TWIST fatal fait office de ligne directrice pour la deuxième affaire, puis vous naviguez d'affaires en affaires, accompagné de votre sidekick Maya Fey, la petit médium dont la grande soeur vient d'être assassinée (oui ça fait vraiment scénario de jeu de fesses mais bon)

Le gameplay alterne entre deux phases bien distinctes. D'une part, l'exposition de l'affaire et du meurtre par textes, vous croisez des persos fixes sur des lieux fixes, vous leur présentez des objets pour faire progresser les choses, vous récoltez des informations et des preuves en fouillant les environs. Ces séquences s'alternent avec les phases de procès ou vous devez éplucher des témoignages pour y trouver des contradictions et faire progresser le bouzin. En face, vous avez Benjamin Hunter, un procureur monolithique qui semble avoir comme un petit fétiche pour descendre gratuitement le gamin sans expérience que vous êtes. Vous allez rencontrer d'autres procureurs, un tas d'autre personnages, vous allez au fil des scénarios tisser des liens d'amitié avec certains d'entre eux. Un bon nombre réapparaissent dans une affaire différente, que ce soit en tant que témoin, présumé coupable... ou policier, comme le commissaire Dick Tecktiv que vous croiserez inlassablement. Un vrai sens du scénario qui fera appel à vos neurones pour suivre l'action, analyser et essayer d'avoir un peu de raisonnement d'avance sur le dérouelement.

Bref décrire le contenu du jeu n'est pas intéressant en soi, c'est une saga très rafraîchissante et sympa à suivre car doté d'un réel sens du scénario, du rebondissement et du développement des personnages. Tout l'intérêt va être d'être le spectateur d'une histoire progressive, au fil des trois jeux s'installe un véritable univers qui prends son apothéose avec la dernière affaire du troisième volet, sorte de menu maxi best of plus qui ravira les fans de rebondissement semi-prévisibles. Ouais, parfois on peu penser deviner la suite de l'action mais le plus souvent c'est le scénario qui pense encore plus en avance que vous, rien de plus jouissif d'être pris à contre pied dans Phoenix Wright. Pour ma pomme, c'est une grande saga débutée en Avril 2007 qui vient de conclure, terminée à 6 heures du matin après un gros marathon de cinq heures de textes, de choix cornéliens et d'amusant retournement de cerveaux. Tout à l'heure, je parlais de musique d'ascenseur, il n'en est rien sur ces jeux. Chaque personnage a son propre thême, et il n'y a rien de plus plaisant que d'être en phase de procès et de s'approcher de la vérité - en parallèle, la sauce monte, la musique s'accélère, tout le monde devient plus tendu, c'est toute une ambiance, une expérience à vivre, une expérience qui sait se renouveller en déroulement et en situations. Un vrai conseil, vraiment.

En fait je pense que le plus rigolo serait de prendre la critique à l'envers et essayer de faire preuve d'un maximum de mauvaise foi et de trouver tout ce qui est chiant dans la saga Phoenix Wright. Contre-critique : qu'est-ce qui est relou dans ces trois excellentes cartes DS?




- Trials and Tribulations. Tout Trials and Tribulations, la dernière mouture de la trilogie de base. Je ne parle bien entendu pas du jeu et du contenu en lui même mais de la jaquette, de la boîte. Plus le temps passe et plus elle est difficile à trouver. D'une part, le marché des jeux DS est saturé par les "Léa Passion Coprophage" et j'étais infoutu de trouver GTA Chinatown Wars à sa sortie c'est dire! D'autre part un nombre fort peu de copies ont été lâchées sur le territoire, les marketeux de Capcom ont du se dire, à raison "mouais bon on vise déjà un petit public à la base, alors le troisième volet d'une suite logique mouais bof bon on le traduit pour leur faire plaisir hein c'est déjà ça" ... du coup, il faut faire appel à la camaraderie, la chance ou les pièces sonnantes et trébuchantes. L'emprunter à un pote, le trouver en occase, en easy cash... ou se tourner vers les sites de vente spécialisés et là double problème. La première fois, une andouille finie m'a envoyée Justice For All en mettant l'image de TT sur son annonce (ainsi que le nom, bref la totale) d'autre part mon deuxième essaie s'est tournée vers les "objets de collections", et 50 Brouzoufs plus les frais de ports amusants, ça fait mal. Partout. Aïe.

- La traduction de Justice For All. C'est un fait reconnu et décrié dans la sphère de fans, un très gros nombre de lignes de textes vous violent le Bescherelle dans le deuxième jeu. Fautes d'accords, participes passés foireux, traductions trop littérales ou mindfucks pur et simples (Un hero? HERO? WHAT? HERO? WHAT? Je ne sais pas ce qu'ils ont fumé à la truduction mais sans être perpétuellement gênant, il y a bien une quinzaine de fautes par phase de jeu ce qui est assez énorme quand on en a repéré genre 3 ou 4 dans toute sa ludothèque auparavant.

- Maya Fey. Pas de bol, c'est le sidekick principal : deux gros reproches. D'une part, le personnage est assez lourd, surtout dans les deux premiers jeux. On a plus l'impression de la traîner qu'autre chose, elle est infoutue de dire quelque chose de drôle ou d'un peu sensé, non elle est juste un peu neuneu et fatiguante, elle fait un peu boulet sur la première moitié de la saga. D'autre part, Maya est l'outil scénaristique par excellence. On s'approche du paroxysme? Maya se fait enlever, sa vie est en danger, tout ça. Après tout, c'est le deuxième personnage principal on est sensé se dire "OMYGOD§" mais ça ne prends pas tant que ça, puisqu'on sait qu'au final il ne lui arrivera rien. Enfin, à priori quoi. Il n'empêche que cette propension à tout lui arriver (dont être accusée de meutre. Plusieurs fois) est un peu prévisible et fatiguante.

- Le premier jeu comporte la particularité édifiante d'avoir exclusivement des personnages aux noms-jeux-de-mots-crétins. Sachez en tout et pour toi que votre premier client dans la saga s'apelle Paul Defès.
...
PAUL DEFES. WHAT WERE THEY THINKING.

- En parlant de ça, évoquons le personnage le plus incroyablement lourdingue de l'univers.
Eva Cozesouci. Dans toutes les versions traduites, les personnages sont sensés appartenir à telle ou telle région loin de la métropole. La brave Eva, reporter pour presse à scandale de son métier, est donc une fille du sud dans la version francaise. Ce qui donne des "boudu cong gavé, hé bonne mère bouillabaisse fada" et ce qui désolé tout les gengs du sudg. Pardong. Eng plus, le personnage est reloug et ong le voit dans trois affaires différentegs, de quoi baiser Fanny.

- La procédure pénale est massacrée. Ca ne peut pas être un reproche valable car la procédure est différente dans chaque pays où le jeu est traduit, et le jeu ne serait passionante que si tout ça était simplifié à l'extrême. Deux bonnes raisons pour rendre le jeu fascinant et relativement simple, mais voilà, deux trois détails/affirmations restent perturbantes.
Le jeu clame à qui veut l'entendre qu'il se passe en France (enfin c'est comme quand un groupe dit sur scène qu'il est dans sa ville préférée hein vous voyez ce que je veux dire) mais la peine de mort y est très concrètement évoquée. Elle a de très hautes implications dramatiques dans le jeu mais... en France ça fait tâche. D'autre part, on peut y lire la phrase suivante : "Une personne ne peut pas être inculpée pour un fait où a été déclaré son innocence."
Poutrelle.

- Physique douteuse : la cape est allée se mettre tout seule sur le buste... oui? De temps en temps, le sens commun est un peu violé au profit du des mécaniques un peu "Colombo" du truc. Tout à une explication, tout est rationnel, sauf le channeling et les forces occultes. Le jeu jongle entre une dimension cartésienne et une autre un peu fantasque et nous, pauvre joueurs, ne savons pas trop sur quel pied danser. C'est un peu dommage.

- Dans le deuxième jeu particulièrement, les personnages semblent tous être issus des "reportages" de 13 Heures sur TF1 qui traitent du cosplay, caricaturaux et non représentatifs quoi. Non seulement ils abusent d'excentricité, mais leurs costumes sont... des costumes. Personne ne veut s'habiller normalement, on a l'impression d'être le seul homme saint d'esprit dans son costume cravate. L'ambiance japonisante ok, la saturation inutile des couleurs et des détails rokoko, bof.

- Regardes là bas, un rebondissement! Les phases de procès consistent à pinailler sur tel ou tel fait dans un lieu précis, puis vous retournez en phase d'enquête, puis encore en procès. Seulement voilà, vous apprenez des tas de trucs sur le tas, soudainement le meutre a y lieu à un endroit totalement différent, et seul le joueur ne semble pas le savoir. Donc non seulement on semble totalement abandonner des pistes non élucidées, mais les éllipses involontaires ruinent un peu à la cohérence de l'ensemble.

- Les jeux sont inégaux... temporellement parlant. Le premier jeu comporte 5 affaires, souvent avec trois phases d'enquête et trois phase de procès. Les deux autres ne comportent que 4 (ou 4 et demi, c'est selon) affaires ne comportant que deux phases d'enquêtes et autant de procès. Je ne me peux pas m'empêcher de penser que le premier jeu est foncièrement deux fois plus long que ses deux successeurs.

- Les procureurs sont des génies, n'ont jamais perdu une affaire, Franziska Von Karma a commencé le méter à 13 ans (ok oui c'est celà) bref on est sensés gober une sorte d'aura de surpuissance autour d'eux mais... devinez qui gagne à la fin? Et le métier de procureur ne semble pas de faire condamner le témoin, juste de vous démonter. Ce n'est qu'une impression, tout gagneras en subtilité au fil du temps mais bon.

- SEXISME. Sur quatorze affaires, le trois quart des inculpés innocents sont des femmes. Encore mieux : les quatre cinquième des vrais coupables sont des hommes. Globalement, les tueuses dans toute la trilogie sont au nombre de ... deux?

- FANSERVICE. Quand Mia est "invoquée" avec son bonnet H dans les vêtements de Pearls, qui a 8 ans, je me sens pas super à l'aise. Je sais pas si c'est sensé émoustiller mais au moins les scénaristes sont les premiers à s'en amuser (il va falloir séduire un vioque obsédé par les uniformes... mais Maya est trop jeune ahah) mais voir Mia débouler dans ses habits de loli quand le gros climax est sur le point d'aboutir, nan je dis nan.

- Le jeu est super austère (aucun menu rien hop direct dans le jeu) et le gameplay écran par écran n'est pas toujours très pratique. Il faut sélectionner l'écran "Se Déplacer", attendre un peu, faire la manipulation quatre ou cinq fois et faire des allers-retours le temps que la situation se débloque. Cette manipulation, très lourdingue dans le premier jeu, est assez fluidifiée par la suite. Les petites transitions sont moins longues. De la même façon on peut dire que le jeu est beaucoup trop linéaire mais hé, c'est son gameplay qui fait ça.  Aussi, l'astuce qui consiste à laisser son stylet sur l'écran pour faire défiler les dialogues plus vite est une astuce que j'ai découvert par hasard... une demi heure avant de finir le dernier opus, dommage. (Bien sûr, il faut déjà les avoir lus pour pouvoir faire ça)

Bientôt, je me mettrais à Appolo Justice, la suite logique de la trilogie qui met en scène un tout nouveau perso principal, et je sens que cette liste va méchamment s'allonger.
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