Death Note donc... la sauce commençait à prendre fin 2006 en France, le manga était sur le point d'être publié mais déjà tout le monde parlait d'un manga assez addictif, terriblement cérébral et textuel. En même temps faut bien dire que le concept autout du Death Note a quelque chose d'attirant (comment ça c'est pas normal de vouloir zigouiller les gens? Juste un ou deux de temps en temps, alleeeeez!) et rapidement, vers fin 2007, l'anime est traduit et diffusé sur la TNT, grosse consécration donc. Death Note a rapidement acquis le statut de manga indispensable, de grand classique comme FMA deux ans auparavant. Ce manga oscillait entre le statut un peu limité de "shonen" et sa réputation de scénario de qualité, bref comme une incertitude sur le public visé du manga (publié chez Dark Kana, ouuh). Janvier 2008, je m'y met joyeusement et j'achète les deux premiers tomes, la sauce prends avec enthousiasme. La sortie récente du très encyclopédique et ultime tome 13 m'avait donné envie de mater l'adaptation en anime pour un peu mieux comprendre certaines choses et histoire de se replonger dans la série sous un traitement un poil variable. L'anime d'une trentaine d'épisodes à été englouti en trois bonnes semaines, y'a eu un bonne grosse appréciation derrière.
L'histoire, rapidement, pour les fous qui lisent ça de façon décontractée en se disant que de toutes façons il ne se lanceront pas dedans... le dieu de la mort Ryûk s'emmerde grave dans son petit club VIP et sinistres pour dieux de la morts. (Tiens, le shinigami commence à devenir un véritable gimmick, un peu comme... autre chose et... Bleach. Je crois.) Toute l'histoire de ce manga est basée sur le simple ennui de ce Dieu, qui va pour s'amuser un peu faire laisser tomber son Death Note sur le monde que nous connaissons bien, et, pas de bol, c'est Light Yagami, lycéen génial à mi temps (oui car la conceptualisation c'est bien gentil mais la tempérance est une forme de réflexion et d'intelligence... bref) qui le ramasse. Ce cahier permet de tuer toute personne dont on inscrit le nom, c'est aussi simple que ça. Light va l'apprendre à ses dépends (il aurait très bien pu ne pas être intrigué par ces deux mots et jeter le cahier, fin de l'histoire) faire deux trois tests et va se sentir investi d'une mission divine : construire une nouvelle justice, une nouvelle utopie où les mécréants meurent et le monde se voit purifié. En clair, il chope le melon.
En parallèle, Ryûk descends sur Terre pour le "parrainer" un peu dans son utilisation (il lui apprendras quelques règles liées au Death Note, et elles sont nombreuses) tout en gardant un point de vue détaché, cynique et expérimental sur les humains. En clair, il s'amuse bien. Pendant ce temps, un véritable génocide justicier commencer à s'abattre sur le Japon, ce qui n'échappe pas à L, détective génial et précoce, qui commence à pister celui que l'on appelle Kira (pour "killer", c'est de l'engrish quoi.) Les deux vont bientôt se contacter sans réellement dévoiler leurs identités respectives, s'en suit une fantastique guerre froide et psychologique ou les deux hommes sont complètement grillés et chacun cherche à faire tomber l'autre, et à vouloir sa mort, dans un sens ou dans l'autre. Le manga commence donc, les attraits principaux sont le dévellopement des lois qui régissent le Death Note, les agissements de Light, le duel avec L et l'univers qui s'étoffe de plus en plus, puis...

Tome 7 et mort de L. Tué par Rem, ce qui est un peu difficile à avaler, mais c'est bien Light qui, avec une manipulation au quinzième degré, est derrière cette disparition. Le manga aurait pu s'achever là, nihiliste au possible, dominé par Kira, la criminalité n'existe plus mais tout le monde vit dans la terreur, THE END. C'était probablement l'issue envisagée mais le très dépressif scénariste à quand même pondu un deuxième arc, un peu moins passionnant (je n'ai jamais lu les tomes 8 à 10 et je ne le regrette pas) mais qui aboutira à la chute, prévisible, fatale et kharmique de Light, qui ne sait pas la fermer quand il le faut. Light est intelligent mais n'est pas malin pour autant.
Deuxième arc qui permet de faire grandir les persos un peu (le dessinateur du manga est celui d'Hikaru No Go, hop point commun) de faire rentrer d'autres persos charismatiques, d'en exécuter pas mal d'autres aussi - et d'obtenir cette fameuse fin assez douce-amère mais dans l'ordre juste, comme dirait l'autre. Il n'empêche que le manga se distingue en deux parties, et la première dispose d'une ambiance très posée, très cérébrale et attrayante, très enfermée sur elle même (ce qui n'est pas un défaut en l'occurrence) que la deuxième partie n'as pas, plus portée sur l'action et le GAR de Mello.
Les persos sont assez fascinants. On peut les foutre dans deux camps : rationnels et surnaturels. Les premiers sont des humains, dotés de sentiments humains et ont des raisonnement faussés pour font des erreurs humaines. Les autres sont des Dieux de la mort, au chara-design léché mais au caractère parfois encore plus humain que les vrais. Je m'embrouille et passons au personnage de Light.
A.k.a. Friedrisch N. Ce personnage est fascinant d'ambition et de capacité mal placée à gérer le pouvoir. Toute l'essence du manga va être de mesurer sa progression dans sa folie idéologique et meurtrière, de voir sa montée en puissance pour mieux constater sa chute flamboyante et démesurée. (J'abuse des épithètes c'est super) car Light a tout pour lui. Un excellent sens de la réflexion, c'est le meilleur lycéen du Japon et c'est pas peu dire, toutes les filles veulent de lui mais il s'en fout un peu, obnubilé par son idéal nourri au grain et élevé au grand air. Light est, dans le langage JDR un "lawful evil" bref esprit utopique et rien d'autre, quitte à zigouiller une platrée d'innocents au passage. Car Light, relativement normal au débur du manga, est de plus en plus aligné sur une mentalité "han je t'aime pas, tu ne sert à rien, tu dois crever" gênante et assez puérile. Quand il arrive enfin à inscrire le nom d'un ennemi plus difficile que la moyenne (ou BOSS pour les gamers) il n'hésite pas à faire un peu de la provoc et lui dire que Kira, c'était lui, quitte à prendre des risques. Ce coté enfantin "nananéreuh" va être un peu ce qui va provoquer sa chute, car Kira à beau être foutrement intelligent, il reste un petit con qui a trouvé un joujou un poil trop dangereux pour son esprit obtus. Un philosophe du marteau.
A coté de ça y'a Misa Amane qui va trouver un deuxième Death Note et tomber éperdument amoureuse de Kira. Misa c'est : une tenue méga baroque et chargée, une voix suraîgue et surtout, surtout, un fantastique poid chiche dans la tête. Bien sûr elle sait réfléchir un peu et prendre du recul quand il le faut mais elle reste démesurément bourrin quand il le faut pas. Elle manqueras pas de se faire griller (plusieurs fois) et est l'un des rares protagonistes à survivre à la série (même si elle se suicide un an plus tard ah ah)
Un peu là pour faire du fanservice dans une série très Ho Yay (tapez "Death Note" sous les imageboards et matez la proportion de yaoi) mais un fanservice très très peu limité qui contraste avec l'univers très froid et masculin du manga.
L est le véritable héros de l'histoire. Héros d'obédience, le véritable personnage principal étant l'antagoniste du même coup. L c'est l'opposé de Light, le yang qui est lui aussi habité d'un idéal justicier dans une forme plus rationnelle : il veut arrêter Kira, mais sans tuer d'innocents, sans trop déranger personne, non lui sa marotte c'est plutôt dépenser des millions. C'est aussi un asocial invétéré : présenté comme quasi - autiste, il déteste avoir les jambes tendus (ça me rapelle quelqu'un) montgolfières sous les yeux et poids plume pour un fieffé glouton qui ne fait que manger quand il passe à l'écran/sous les yeux du lecteur. Fantastique capacité de déduction et de conceptualisation, c'est le seul opposant potentiel à Kira et coup de bol, il se sent investi. Il est intimement convaincu de l'implication de Light dans le bouzin mais ne soupçonne pas vraiment le coté surnaturel du procédé, ce qui va bouleverser un peu son cartésianisme et nous faire voire ses pieds, pour la enième fois.
C'est pourtant un dieu de la mort qui va avoir raison de lui. La relêve est assurée par le duo Mello/Near, qui font un peu copies pour le coup, comme si on avait assuré sa descendance avec un mec "petit ange" et un autre "petit démon" mais qu'importe, ça se lit joyeusement et c'est grâce à eux deux que tout ce joyeux bordel va enfin se terminer.
Dans les hautes sphère du bestiaire de Death Note figurent les Dieux de la Morts, véritable occasion pour le manga-ka de se lâcher et de faire preuve d'une imagination débordante en termes de chara-design. Le principal étant Ryûk, grand dadais de 3 mètres en intégrale cuir moulant, un peu le narrateur de l'histoire (enfin pas concrètement mais c'est le personnage clé) amusant dans son attitude d'observateur de la classe humaine, et dans ses manies qui le dé-déifient un peu (son addicition aux pommes, son goût prononcé pour les jeux vidéos, cette aptitude malsaine à mentir) mais il redeviendras le DIEU à craindre à la toute fin de la série, YOU DON'T FUCK WITH SHINIGAMIS hein, ce statut légitime revient avec son exécution de Light, piste tout de suite annoncée dans les première pages du manga. On SAIT qu'il ne peut pas survivre, Ryûk est là pour rétablir l'équilibre et c'est pas plus mal vu que son ennui est à la base de l'histoire.
En parallèle descendent deux autres shinigamis, prétexte pour faire entre en jeux d'autres Death Notes, mais il est vraiment sympa de constater que chaque Dieu à un caractère et un design très marqué : Ryûk est posé et cynique, Rem est plus affectueuse et maternelle dans son approche, Sidoh fait un peu boulet sympa... que de choses sympathiques je vous dit.
Ce qui est assez intéressant à la lecture de ce manga c'est de faire une petite introspection car un parti pris est presque demandé au lecteur. Après tout, c'est l'histoire d'une sorte de lutte de pouvoir immatérielle donc a vous de savoir qui vous voulez voir gagner, en grossissant le trait un peu. Faut dire que les diverses issues des storylines sont assez nuancées, tout est assez objectif, il n'y a pas vraiment de mal ou de bien designé mais juste des conséquences logiques. Après on est dans un univers où le trop plein d'intelligence est quasiment lié à des troubles autistiques, où chacun est habité par des convictions délirantes ou utopiques et où les clichés familiaux et sociologiques/familles sont un peu trop mis en valeur. Il y a comme une tension dans l'univers de Death Note, dans la Japon quoi. Tout est noir, tendu, sombre. Chacun a les dents longues et ne pense qu'à sa petite progression dans l'échelle sociale. Light ne pense qu'au progrès, à l'ascension, il veut quand même devenir le nouveau messie... bref une société fantastiquement matérialiste et tendu qui est dénoncée dans un sous-texte assez criant. Les HOMMES sont mis en valeur, au détriment des joyeux enfants et des petites familles derrière. Familles brisées par Kira qui n'hésiteras pas à tuer ses collaborateurs pour ne pas se faire griller trop vite... sans compter toute la mini intrigue Yostuba, un poil chiante car vite exploitée et vite "ficellée" si je puis dire, juste histoire de ressasser le concept du "gris". Le manga ka a l'air d'être un homme très déprimé et cette oeuvre a comme une dimension cathartique, un exutoire pour dénoncer ce japon trop pressé, trop demandeur et trop strict dont l'explosion est matérialisé avec l'arrivée de ce Death Note.
Qui de l'anime? Faut dire que la première fois que j'ai suivi le schéma manga-d'abord c'était YuGiOh donc je manque un peu de repères mais il faut dire que c'est une adaptation très fidèle. Trèèès fidèle. Carrée comme l'univers qu'elle dépeints. Il n'y a pas de liberté prise par rapport au manga, c'est de l'adaptation pure et elle est très bien faite. D'une part, elle reprends l'excellent dessin du manga-ka dont le nom m'échappe, puis elle contribue à apporter au manga ce qu'on ne peut pas rendre sur simple papier : tout est noir, sombre, brun, on voit rarement la fraîche et rassurante lumière du jour. Musicalement ça reprends un peu le coté "déifiant" du perso de Light, chaque moment épique de bravoure et d'éliminations étant accompagné par des incantations latines. Sinon, au début c'est souvent le même riff arpégé et pas grand chose d'autre, après tout c'est surtout la retranscription orale des murs de texte du manga qui priment - mais la première moitié de l'anime est un poil pauvre musicalement. C'est loin d'être un drame, d'autant plus que la réalisation est l'animation sont super léchées, ainsi que le casting de doublage qui est tout ce qu'il y a de plus cohérent.
Parfois, l'anime se permet d'être MEGA premier degré et de mettre en valeur des séquences qui ne le méritent pas trop (vous apprendrez en autre que MANGER DES CHIPS §§§§ peut être quelque chose de très héroïque sans oublier cette histoire de traduction foireuse mais hey, c'est une histoire de fansubbers, cela ne nous regarde pas. L'anime montre souvent de façon épique des choses qui ne le sont pas vraiment, inscrire un nom devient un kaméhaméha et un coup de crayon se fait façon épéiste, c'est assez curieux.
Au niveau des openings/endings (c'est TRES important) ce n'est pas franchement marquant, je suis pas très fan de l'habillage de la première moitié de la série, en revanche après une vingtaine d'épisodes...
(Montez le son, on entends pas très bien)
VIOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL. Ca doit être irréstible dans un karaoké, je vois bien deux cent mecs hurler en tapant comme des fous sur leurs tables. C'est Maximums The Hormones à la barre et leurs riffs bien sentis en Dropped D. D'habitude je suis plutôt fan de musique limite hippie mais cette musique et cette vidéo sont l'un des meilleurs openings que j'aie jamais vu. Strictement TOUT veut vous mettre les sens à fleur de peau pour mieux les écorcher : épilepsie sonore, visuelle, rythmique... c'est top. Je le redis pour la énième fois mais un bon opening c'est une bonne synchro entre la musique et les images, et cet opening est un exemple type construit à 100% autour de la chanson choisie (heureusement que MTH s'est pas rétracté au dernier moment héhé) et ne serait ce que visuellement, certains plans sont assez fédérateurs et ont donné naissance à pas mal de parodies (le deuxième plan avec Light surtout, bon je le trouve surmoche mais pas grave c'est dans l'esprit) bref de la musique de furieux, les humains sont des connards, qu'ils crèvent, point de salut, hop. Un message optimiste pour une série optimiste. Et qu'est-ce que je peux adorer ce coup de tom avant le break et le "Hey Hey". Cet opening est travaillé, réfléchi, construit, thématise sur l'urbain aussi ce qui est loin d'être un mauvais point (et raccord à la série, ouf) on dénote deux parties bien distinctes - un bon pogo métalleux des familles/une petite progression sympa et viril avant un dernier petit bordel musical - parties calquées visuellement, d'abord c'est agité, c'est Las Vegas, kitsh même, puis ça marche lentement sous le regard des acteurs de la chute de Kira. Merci Madhouse pour ce moment jouissif à chaque début d'épisode! Et la petite danse du bonheur de Ryûk est un régal. C'est couillu d'avoir foutu un opening aussi violent pour un anime à l'aura si populaire.
Moment d'épicité épileptique en approche!
Je disais que l'anime est très fidèle manga, donc d'office quans le manga accuse des passages un peu lourds, l'anime fait la même chose le temps de quelques épisodes. Quand le manga aurait pu se terminer un peu plus tôt, l'anime semble aussi être parfois une oeuvre à rallonges. L'avantage principal au visionnage est le fait de concrétiser l'univers, tout simplement. Ce mélange entre premier degré pur habité par les personnages au début du manga et la touche fantastique ajoutée est nettement plus sympa à vivre en images et en son, après ce n'est que mon avis. C'est la concrétisation d'un concept et d'un univers travaillé jusqu'au bout des doigts morts. Cette fidélité à tout rompre ne s'arrête que pour les 5 dernières minutes, qui prennent un parti assez différent, et ce choix reste inexplicable et curieux.... dans le manga, Light meurs comme un minable, dans les lamentations, le sang, les larmes, Ryûk ressemble enfin à un dieu autoritaire et Light meurt de façon flamboyante, tué par le Death Note divin. Dans l'anime, un plantage de stylo très sanglant permet à Light de s'échapper et d'avoir une fin beaucoup sereine, dans la joyeuseté du lever de soleil dans une séquence très "Jack Bauer" bref la mécanique "c'était prévu, ça DEVAIT se passer comme ça dès le début" en est un peu changé, et le manga propose même un épilogue assez important dans l'interprétation de l'univers et de l'effet du passage de Kira dans certaines mentalités. Un changement... curieux. Je m'explique pas cette fin d'anime, qui n'est pas moins bonne, juste... inutilement différente. Surtout que si le coté très violent de cette ultime mort est éclipsé pour donner lieu à ce seppuku encore plus gore et surtout encore plus sorti de nulle part.
M'enfin. Il n'empêche que c'est un combo manga+anime assez indispensable, très construit et penséé, aux concepts fédérateurs et une petite touche de fantastique rationnalisée qui va bien. Le tout à une dimension assez pensive et philosophique ce qui est loin d'être dégueulasse. Ajoutez à cela des persos sur-complexes qui bouleversent un peu les conventions du genre, j'approuve, et j'ai aimé tout du long, même si en manga j'ai abandonné ce foutu deuxième arc.
La date de ce post n'est pas très anodine puisqu'aujourd'hui c'est... la date de la mort de Soîchiro Yagami. Duh! bon courage pour la suite quand même.

Moi, Koshi Rikdo, approuve la lecture et le visionnage de cet univers.
C'est fascinant, tout en bas de la page est apparu un tout petit module nommé "Articles les plus commentés", ça peut faire office de best of un peu. Sinon je me rends compte qu'il y a un an, je pensais déjà écrire un pavé et en fait non, c'était plutot bof. Je me demande si il y a une "taille requise" pour faire un bon truc, parce que ça pompe du temps quand même... faut dire que ce serait franchement idiot de s'enfermer dans une logique de "c'est pas assez"! Donc cette réflexion est inutile, tout comme ce post. Pff allez mourir, HAN.












