Otakeries


Mercredi 11 novembre 2009
On va causer un peu Death Note les gens. L'univers, son manga et son adaptation ayant eu un hype assez conséquent (diffusion sur MCM quand même hé) et le-dit hype datant de trois-quatre ans, là je vais pas du tout me gêner pour spoiler tout et n'importe quoi. Donc si le scénario vous intéresse, tant pis, matez juste la vidéo à mi-chemin et faites du headbanging, puis lâchez l'affaire dès maintenant, parce que ce post est placé sous le signe du "vous devriez déjà le savoir" et il est assez difficile de parler de la globalité du bouzin sans en évoquer les mécaniques spoilesques, c'est donc no-limit pour cette fois. Pour les autres, c'est une maigre critique d'une oeuvre que vous connaissez probablement sur le bout des doigts, vous n'allez donc rien apprendre. Ouais, au final ce post est un peu inutile pour tout le monde, y compris moi qui devrais aller me pieuter mais au moins vous perdrez quelques minutes en ce long jour férié, que nous pouvons tous dédier à la pure flemme et paresse salvatrice.

Death Note donc... la sauce commençait à prendre fin 2006 en France, le manga était sur le point d'être publié mais déjà tout le monde parlait d'un manga assez addictif, terriblement cérébral et textuel. En même temps faut bien dire que le concept autout du Death Note a quelque chose d'attirant (comment ça c'est pas normal de vouloir zigouiller les gens? Juste un ou deux de temps en temps, alleeeeez!)
et rapidement, vers fin 2007, l'anime est traduit et diffusé sur la TNT, grosse consécration donc. Death Note a rapidement acquis le statut de manga indispensable, de grand classique comme FMA deux ans auparavant. Ce manga oscillait entre le statut un peu limité de "shonen" et sa réputation de scénario de qualité, bref comme une incertitude sur le public visé du manga (publié chez Dark Kana, ouuh). Janvier 2008, je m'y met joyeusement et j'achète les deux premiers tomes, la sauce prends avec enthousiasme. La sortie récente du très encyclopédique et ultime tome 13 m'avait donné envie de mater l'adaptation en anime pour un peu mieux comprendre certaines choses et histoire de se replonger dans la série sous un traitement un poil variable. L'anime d'une trentaine d'épisodes à été englouti en trois bonnes semaines, y'a eu un bonne grosse appréciation derrière.

L'histoire, rapidement, pour les fous qui lisent ça de façon décontractée en se disant que de toutes façons il ne se lanceront pas dedans... le dieu de la mort Ryûk s'emmerde grave dans son petit club VIP et sinistres pour dieux de la morts. (Tiens, le shinigami commence à devenir un véritable gimmick, un peu comme...
autre chose et... Bleach. Je crois.) Toute l'histoire de ce manga est basée sur le simple ennui de ce Dieu, qui va pour s'amuser un peu faire laisser tomber son Death Note sur le monde que nous connaissons bien, et, pas de bol, c'est Light Yagami, lycéen génial à mi temps (oui car la conceptualisation c'est bien gentil mais la tempérance est une forme de réflexion et d'intelligence... bref) qui le ramasse. Ce cahier permet de tuer toute personne dont on inscrit le nom, c'est aussi simple que ça. Light va l'apprendre à ses dépends (il aurait très bien pu ne pas être intrigué par ces deux mots et jeter le cahier, fin de l'histoire) faire deux trois tests et va se sentir investi d'une mission divine : construire une nouvelle justice, une nouvelle utopie où les mécréants meurent et le monde se voit purifié. En clair, il chope le melon.
En parallèle, Ryûk descends sur Terre pour le "parrainer" un peu dans son utilisation (il lui apprendras quelques règles liées au Death Note, et elles sont nombreuses) tout en gardant un point de vue détaché, cynique et expérimental sur les humains. En clair, il s'amuse bien. Pendant ce temps, un véritable génocide justicier commencer à s'abattre sur le Japon, ce qui n'échappe pas à L, détective génial et précoce, qui commence à pister celui que l'on appelle Kira (pour "killer", c'est de l'engrish quoi.) Les deux vont bientôt se contacter sans réellement dévoiler leurs identités respectives, s'en suit une fantastique guerre froide et psychologique ou les deux hommes sont complètement grillés et chacun cherche à faire tomber l'autre, et à vouloir sa mort, dans un sens ou dans l'autre. Le manga commence donc, les attraits principaux sont le dévellopement des lois qui régissent le Death Note, les agissements de Light, le duel avec L et l'univers qui s'étoffe de plus en plus, puis...



Tome 7 et mort de L. Tué par Rem, ce qui est un peu difficile à avaler, mais c'est bien Light qui, avec une manipulation au quinzième degré, est derrière cette disparition. Le manga aurait pu s'achever là, nihiliste au possible, dominé par Kira, la criminalité n'existe plus mais tout le monde vit dans la terreur, THE END. C'était probablement l'issue envisagée mais le très dépressif scénariste à quand même pondu un deuxième arc, un peu moins passionnant (je n'ai jamais lu les tomes 8 à 10 et je ne le regrette pas) mais qui aboutira à la chute, prévisible, fatale et kharmique de Light, qui ne sait pas la fermer quand il le faut. Light est intelligent mais n'est pas malin pour autant.
Deuxième arc qui permet de faire grandir les persos un peu (le dessinateur du manga est celui d'Hikaru No Go, hop point commun) de faire rentrer d'autres persos charismatiques, d'en exécuter pas mal d'autres aussi - et d'obtenir cette fameuse fin assez douce-amère mais dans l'ordre juste, comme dirait l'autre. Il n'empêche que le manga se distingue en deux parties, et la première dispose d'une ambiance très posée, très cérébrale et attrayante, très enfermée sur elle même (ce qui n'est pas un défaut en l'occurrence) que la deuxième partie n'as pas, plus portée sur l'action et le GAR de Mello.


Les persos sont assez fascinants. On peut les foutre dans deux camps : rationnels et surnaturels. Les premiers sont des humains, dotés de sentiments humains et ont des raisonnement faussés pour font des erreurs humaines. Les autres sont des Dieux de la mort, au chara-design léché mais au caractère parfois encore plus humain que les vrais. Je m'embrouille et passons au personnage de Light.
A.k.a. Friedrisch N. Ce personnage est fascinant d'ambition et de capacité mal placée à gérer le pouvoir. Toute l'essence du manga va être de mesurer sa progression dans sa folie idéologique et meurtrière, de voir sa montée en puissance pour mieux constater sa chute flamboyante et démesurée. (J'abuse des épithètes c'est super) car Light a tout pour lui. Un excellent sens de la réflexion, c'est le meilleur lycéen du Japon et c'est pas peu dire, toutes les filles veulent de lui mais il s'en fout un peu, obnubilé par son idéal nourri au grain et élevé au grand air. Light est, dans le langage JDR un "lawful evil" bref esprit utopique et rien d'autre, quitte à zigouiller une platrée d'innocents au passage. Car Light, relativement normal au débur du manga, est de plus en plus aligné sur une mentalité "han je t'aime pas, tu ne sert à rien, tu dois crever" gênante et assez puérile. Quand il arrive enfin à inscrire le nom d'un ennemi plus difficile que la moyenne (ou BOSS pour les gamers) il n'hésite pas à faire un peu de la provoc et lui dire que Kira, c'était lui, quitte à prendre des risques. Ce coté enfantin "nananéreuh" va être un peu ce qui va provoquer sa chute, car Kira à beau être foutrement intelligent, il reste un petit con qui a trouvé un joujou un poil trop dangereux pour son esprit obtus. Un philosophe du marteau.

A coté de ça y'a Misa Amane qui va trouver un deuxième Death Note et tomber éperdument amoureuse de Kira. Misa c'est : une tenue méga baroque et chargée, une voix suraîgue et surtout, surtout, un fantastique poid chiche dans la tête. Bien sûr elle sait réfléchir un peu et prendre du recul quand il le faut mais elle reste démesurément bourrin quand il le faut pas. Elle manqueras pas de se faire griller (plusieurs fois) et est l'un des rares protagonistes à survivre à la série (même si elle se suicide un an plus tard ah ah)
Un peu là pour faire du fanservice dans une série très Ho Yay (tapez "Death Note" sous les imageboards et matez la proportion de yaoi) mais un fanservice très très peu limité qui contraste avec l'univers très froid et masculin du manga.
L est le véritable héros de l'histoire. Héros d'obédience, le véritable personnage principal étant l'antagoniste du même coup. L c'est l'opposé de Light, le yang qui est lui aussi habité d'un idéal justicier dans une forme plus rationnelle : il veut arrêter Kira, mais sans tuer d'innocents, sans trop déranger personne, non lui sa marotte c'est plutôt dépenser des millions. C'est aussi un asocial invétéré : présenté comme quasi - autiste, il déteste avoir les jambes tendus (ça me rapelle quelqu'un) montgolfières sous les yeux et poids plume pour un fieffé glouton qui ne fait que manger quand il passe à l'écran/sous les yeux du lecteur. Fantastique capacité de déduction et de conceptualisation, c'est le seul opposant potentiel à Kira et coup de bol, il se sent investi. Il est intimement convaincu de l'implication de Light dans le bouzin mais ne soupçonne pas vraiment le coté surnaturel du procédé, ce qui va bouleverser un peu son cartésianisme et nous faire voire ses pieds, pour la enième fois.
C'est pourtant un dieu de la mort qui va avoir raison de lui. La relêve est assurée par le duo Mello/Near, qui font un peu copies pour le coup, comme si on avait assuré sa descendance avec un mec "petit ange" et un autre "petit démon" mais qu'importe, ça se lit joyeusement et c'est grâce à eux deux que tout ce joyeux bordel va enfin se terminer.




Dans les hautes sphère du bestiaire de Death Note figurent les Dieux de la Morts, véritable occasion pour le manga-ka de se lâcher et de faire preuve d'une imagination débordante en termes de chara-design. Le principal étant Ryûk, grand dadais de 3 mètres en intégrale cuir moulant, un peu le narrateur de l'histoire (enfin pas concrètement mais c'est le personnage clé) amusant dans son attitude d'observateur de la classe humaine, et dans ses manies qui le dé-déifient un peu (son addicition aux pommes, son goût prononcé pour les jeux vidéos, cette aptitude malsaine à mentir) mais il redeviendras le DIEU à craindre à la toute fin de la série, YOU DON'T FUCK WITH SHINIGAMIS hein, ce statut légitime revient avec son exécution de Light, piste tout de suite annoncée dans les première pages du manga. On SAIT qu'il ne peut pas survivre, Ryûk est là pour rétablir l'équilibre et c'est pas plus mal vu que son ennui est à la base de l'histoire.
En parallèle descendent deux autres shinigamis, prétexte pour faire entre en jeux d'autres Death Notes, mais il est vraiment sympa de constater que chaque Dieu à un caractère et un design très marqué : Ryûk est posé et cynique, Rem est plus affectueuse et maternelle dans son approche, Sidoh fait un peu boulet sympa... que de choses sympathiques je vous dit.


Ce qui est assez intéressant à la lecture de ce manga c'est de faire une petite introspection car un parti pris est presque demandé au lecteur. Après tout, c'est l'histoire d'une sorte de lutte de pouvoir immatérielle donc a vous de savoir qui vous voulez voir gagner, en grossissant le trait un peu. Faut dire que les diverses issues des storylines sont assez nuancées, tout est assez objectif, il n'y a pas vraiment de mal ou de bien designé mais juste des conséquences logiques. Après on est dans un univers où le trop plein d'intelligence est quasiment lié à des troubles autistiques, où chacun est habité par des convictions délirantes ou utopiques et où les clichés familiaux et sociologiques/familles sont un peu trop mis en valeur. Il y a comme une tension dans l'univers de Death Note, dans la Japon quoi. Tout est noir, tendu, sombre. Chacun a les dents longues et ne pense qu'à sa petite progression dans l'échelle sociale. Light ne pense qu'au progrès, à l'ascension, il veut quand même devenir le nouveau messie... bref une société fantastiquement matérialiste et tendu qui est dénoncée dans un sous-texte assez criant. Les HOMMES sont mis en valeur, au détriment des joyeux enfants et des petites familles derrière. Familles brisées par Kira qui n'hésiteras pas à tuer ses collaborateurs pour ne pas se faire griller trop vite... sans compter toute la mini intrigue Yostuba, un poil chiante car vite exploitée et vite "ficellée" si je puis dire, juste histoire de ressasser le concept du "gris". Le manga ka a l'air d'être un homme très déprimé et cette oeuvre a comme une dimension cathartique, un exutoire pour dénoncer ce japon trop pressé, trop demandeur et trop strict dont l'explosion est matérialisé avec l'arrivée de ce Death Note.




Qui de l'anime? Faut dire que la première fois que j'ai suivi le schéma manga-d'abord c'était YuGiOh donc je manque un peu de repères mais il faut dire que c'est une adaptation très fidèle. Trèèès fidèle. Carrée comme l'univers qu'elle dépeints. Il n'y a pas de liberté prise par rapport au manga, c'est de l'adaptation pure et elle est très bien faite. D'une part, elle reprends l'excellent dessin du manga-ka dont le nom m'échappe, puis elle contribue à apporter au manga ce qu'on ne peut pas rendre sur simple papier : tout est noir, sombre, brun, on voit rarement la fraîche et rassurante lumière du jour. Musicalement ça reprends un peu le coté "déifiant" du perso de Light, chaque moment épique de bravoure et d'éliminations étant accompagné par des incantations latines. Sinon, au début c'est souvent le même riff arpégé et pas grand chose d'autre, après tout c'est surtout la retranscription orale des murs de texte du manga qui priment - mais la première moitié de l'anime est un poil pauvre musicalement. C'est loin d'être un drame, d'autant plus que la réalisation est l'animation sont super léchées, ainsi que le casting de doublage qui est tout ce qu'il y a de plus cohérent.

Parfois, l'anime se permet d'être MEGA premier degré et de mettre en valeur des séquences qui ne le méritent pas trop (vous apprendrez en autre que MANGER DES CHIPS §§§§ peut être quelque chose de très héroïque sans oublier cette histoire de traduction foireuse mais hey, c'est une histoire de fansubbers, cela ne nous regarde pas. L'anime montre souvent de façon épique des choses qui ne le sont pas vraiment, inscrire un nom devient un kaméhaméha et un coup de crayon se fait façon épéiste, c'est assez curieux.
Au niveau des openings/endings (c'est TRES important) ce n'est pas franchement marquant, je suis pas très fan de l'habillage de la première moitié de la série, en revanche après une vingtaine d'épisodes...
(Montez le son, on entends pas très bien)

 


VIOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL. Ca doit être irréstible dans un karaoké, je vois bien deux cent mecs hurler en tapant comme des fous sur leurs tables. C'est Maximums The Hormones à la barre et leurs riffs bien sentis en Dropped D. D'habitude je suis plutôt fan de musique limite hippie mais cette musique et cette vidéo sont l'un des meilleurs openings que j'aie jamais vu. Strictement TOUT veut vous mettre les sens à fleur de peau pour mieux les écorcher : épilepsie sonore, visuelle, rythmique... c'est top. Je le redis pour la énième fois mais un bon opening c'est une bonne synchro entre la musique et les images, et cet opening est un exemple type construit à 100% autour de la chanson choisie (heureusement que MTH s'est pas rétracté au dernier moment héhé) et ne serait ce que visuellement, certains plans sont assez fédérateurs et ont donné naissance à pas mal de parodies (le deuxième plan avec Light surtout, bon je le trouve surmoche mais pas grave c'est dans l'esprit) bref de la musique de furieux, les humains sont des connards, qu'ils crèvent, point de salut, hop. Un message optimiste pour une série optimiste. Et qu'est-ce que je peux adorer ce coup de tom avant le break et le "Hey Hey". Cet opening est travaillé, réfléchi, construit, thématise sur l'urbain aussi ce qui est loin d'être un mauvais point (et raccord à la série, ouf) on dénote deux parties bien distinctes - un bon pogo métalleux des familles/une petite progression sympa et viril avant un dernier petit bordel musical - parties calquées visuellement, d'abord c'est agité, c'est Las Vegas, kitsh même, puis ça marche lentement sous le regard des acteurs de la chute de Kira. Merci Madhouse pour ce moment jouissif à chaque début d'épisode! Et la petite danse du bonheur de Ryûk est un régal.
C'est couillu d'avoir foutu un opening aussi violent pour un anime à l'aura si populaire.




Moment d'épicité épileptique en approche!

Je disais que l'anime est très fidèle manga, donc d'office quans le manga accuse des passages un peu lourds, l'anime fait la même chose le temps de quelques épisodes. Quand le manga aurait pu se terminer un peu plus tôt, l'anime semble aussi être parfois une oeuvre à rallonges. L'avantage principal au visionnage est le fait de concrétiser l'univers, tout simplement. Ce mélange entre premier degré pur habité par les personnages au début du manga et la touche fantastique ajoutée est nettement plus sympa à vivre en images et en son, après ce n'est que mon avis. C'est la concrétisation d'un concept et d'un univers travaillé jusqu'au bout des doigts morts. Cette fidélité à tout rompre ne s'arrête que pour les 5 dernières minutes, qui prennent un parti assez différent, et ce choix reste inexplicable et curieux.... dans le manga, Light meurs comme un minable, dans les lamentations, le sang, les larmes, Ryûk ressemble enfin à un dieu autoritaire et Light meurt de façon flamboyante, tué par le Death Note divin. Dans l'anime, un plantage de stylo très sanglant permet à Light de s'échapper et d'avoir une fin beaucoup sereine, dans la joyeuseté du lever de soleil dans une séquence très "Jack Bauer" bref la mécanique "c'était prévu, ça DEVAIT se passer comme ça dès le début" en est un peu changé, et le manga propose même un épilogue assez important dans l'interprétation de l'univers et de l'effet du passage de Kira dans certaines mentalités. Un changement... curieux. Je m'explique pas cette fin d'anime, qui n'est pas moins bonne, juste... inutilement différente. Surtout que si le coté très violent de cette ultime mort est éclipsé pour donner lieu à ce seppuku encore plus gore et surtout encore plus sorti de nulle part.

M'enfin. Il n'empêche que c'est un combo manga+anime assez indispensable, très construit et penséé, aux concepts fédérateurs et une petite touche de fantastique rationnalisée qui va bien. Le tout à une dimension assez pensive et philosophique ce qui est loin d'être dégueulasse. Ajoutez à cela des persos sur-complexes qui bouleversent un peu les conventions du genre, j'approuve, et j'ai aimé tout du long, même si en manga j'ai abandonné ce foutu deuxième arc. 
La date de ce post n'est pas très anodine puisqu'aujourd'hui c'est... la date de la mort de Soîchiro Yagami. Duh! bon courage pour la suite quand même.





Moi, Koshi Rikdo, approuve la lecture et le visionnage de cet univers.


C'est fascinant, tout en bas de la page est apparu un tout petit module nommé "Articles les plus commentés", ça peut faire office de best of un peu. Sinon je me rends compte qu'il y a un an, je pensais déjà écrire un pavé et en fait non, c'était plutot bof. Je me demande si il y a une "taille requise" pour faire un bon truc, parce que ça pompe du temps quand même...
faut dire que ce serait franchement idiot de s'enfermer dans une logique de "c'est pas assez"! Donc cette réflexion est inutile, tout comme ce post. Pff allez mourir, HAN.
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Jeudi 22 octobre 2009
Encore une critique d'anime - un poil tardive car ça fait deux bons mois que je l'ai maté mais le timing est parfait pour en parler maintenant. En fait, c'est un peu un hommage à un article de Nashi, écrit il y a un an, qui en disait du bien, comme à peu près tout le monde. Ca m'avais donné envie d'en faire mon "premier anime" mais je me suis dit que j'allais attendre un peu, histoire d'attraper un éventuelle histoire plus attractive - il faut dire que sous la plume de l'intéressé, ces 13 épisodes témoignaient d'un univers novateur... car rétro.

En fait, Baccano!, que ce soit dans la critique spécialisée ou dans la blogosphère, est entouré d'une sorte d'aura. Cet anime est strictement immunisé contre la mauvaise critique et la mauvaise foi, je n'ai jamais vu quelqu'un en dire du mal et c'est pourquoi je vais ... en dire du bien et faire comme tout le monde. On m'en a toujours parlé comme étant l'apologie du "très bien" et effectivement, Baccano! est assez irréprochable, à tous les niveaux et les pires aigris n'y ont rien trouvé à redire. En tout cas, on ne les a pas entendus (et ne me demandez pas qui est "on", c'est juste une formule un poil gratuite)

C'est pour ça que si vous ne vous sentez pas la fibre otaque, si le "critique d'anime" en début de post vous a découragé, je vous recommande vivement de donner une chance à la suite, car l'anime ci dessus est exsangue de tout les poncifs que vous ne pouvez probablement blairer : bref vous trouverez ici non pas des "lycées", pas trop "d'amitié" mais bien l'innovation scénaristique. En fait la meilleure façon de s'y plonger c'est de mater l'unique opening de la série, on ne peut plus représentatif de ce qu'il précède...

(L'écran réduit c'est une feinte, c'est bien en format HD)


Méga-classieux. Vous le savez, j'adore les génériques de ce genre, même ceux de la real-tv quand ils sont bien faits, travaillés, qu'il y a une bonne synchronisation entre la zique et les images. S'il y a un vrai travail d'esthète derrière je suis capable de mater en boucle les 5 même secondes de tel ou tel générique. Là vous comprendrez aisément pourquoi je parlais de real-tv tout à l'heure : cet opening, dans l'absolu, ne fait qu'égrener les noms et visages des nombreux protagonistes. Et là si vous avez pas maté la vidéo vous vous dites "MAY C'EST PARESSEUX !" mais non que nenni. Là on présente les protagonistes, non seulement en utilisant habilement les décors de la série (l'intérieur du Flying Pussifoot, les ruelles pavées, des magasins) mais aussi en présentant les personnages avec ce qu'ils font le mieux : Miria et Isaac dévalisent des barres de chocolat, Ladd était à deux micromêtres de suriner (et je dirais même plus de flêcheter) sa copine qui, pour le coup, ne sert à rien. Shane est charismatique, Jacuzzi je vais même pas expliquer bref tout est lié, cohérent, surléché derrière la très coulante musique jazzy de Paradise Lunch. Si le "Tsa tsa tsaaaaa" et la ligne de cuivre à 23 secondes ne vous donne pas des érections/moiteurs je ne peux plus rien pour vous. Il est dommage de constater qu'à l'inverse, l'ending est complètement chiant et sans intérêt comme s'il y avait un équilibre à rétablir, mais tant pis hein.

Des chapeaux, des cigares, une ambiance mafieuse et sophistiquée, on est clairement hors de l'ambiance temporelle "actuelle" de la méga majorité des animes, en clair c'est juste une façon compliquée de dire que le fil de l'anime ne se déroule pas dans le présent : une bonne excuse pour déballer le SYNOPSIS.


Youpi

Et là je détourne subtilement votre attention avec cette image et ce commentaire rigolo pour vous faire oublier la phrase précédente car la façon la plus efficace d'exposer le scénario est de relater un peu l'ambiance du premier épisode.
On est quelque part au milieu des années 30
. Un journaliste et sa fille commentent, petites leçons de vie à l'appui, des "évènements" qui se seraient déroulés à la fin de l'année 1930. Une histoire de train qui aurait très mal tournée, avec du sang partout, des luttes de pouvoir cachées et la sortie de taulle d'un mec visiblement très charismatique, tout ça aux Etats-Unis. Un cadre franchement original qui donne ENVIE. Il n'empêche qu'avec ce premier épisode on ne comprends pas grand chose : des grandes discussions cinglantes, une fusillade... il est clair que tout ça se déroule après l'action de la série en globalité. Le premier épisode, c'est un peu l'épilogue, et ça n'enlève en rien les enjeux scénaristiques de la série car certains personnages ont l'air d'être... indestructibles.

Car oui, pause mise au point : l'ambiance rétro n'exclut pas une touche discrète mais néanmoins très présente de fantastique. Mmh, le début XXè, ambiance rétro, alchimie... ça ne vous rapelle pas une excellente série Bones dont l'intégrale sort dans 5 jours? Ouais moi aussi, mais n'oublions pas que Baccano! est une oeuvre éclair de 13 épisodes, à mater en deux ou trois fois, ou en marathon pour les plus hardcores d'entre vous.



Schbum

Ceci étant dit, revenons à ce fameux épisode 1 qui pose les bases du truc, en y revenant : ça s'est passé. Pourquoi, comment, dans quelles conditions, avec quelles motivations et surtout QUOI vont être les questions dont les réponses débuteront avec l'introduction de la phase géante du "retour en arrière", on pourrait surtout considérer l'action comme étant un gros flash back. En fait, c'est assez difficile à expliquer et à raconter de surcroît : disons que la narration est un gros puzzle. A la manière Lostienne : on va jongler entre trois années : le passé, le "avant passé" et le "encore avant" et ça peut aller plus loin que vous ne le pensez (je le répète, il y a comme une impression d'immortalité chez certains persos) et le tout va lentement s'emboîter, les nombreux personnages y vont de leurs moves dans le grand jeu de la série. Le but du jeu? Difficile à savoir. Les fanboys diront "Quel est le perso le plus charismatique?" ou tout simplement "Comment expliquer?" ... l'anime lui même semble se poser la question!

Une lutte de gangsters, les mafieux qui se disputent leurs territoires, une fille désespérément à la recherche de son frère... le jonglage entre les personnages et les arcs temporels fait un peu Pulp Fiction, pour le coup. Pour revenir au scénario, la base de la chose va être le voyage inaugural de Flying Pussyfoot, train luxueux et chamarré (God himself cannot sink this ship) qui va un peu tourner au désastre car il s'avère que plusieurs bandes de truands, aux motivations bien différentes vont un peu foutre le bazar, dans le sang et les larmes. Tout le monde monte dans le train, tout le monde mange, rigole joyeusement et ... malaise.
Cliffhanger et "What's Next On Baccano?"


Une histoire qui peu sembler un poil classique mais racontée de façon ingénieuse et construite, aux nombreuses ramifications. Je reste volontairement assez vague dessus, car raconter le "difficilement racontable" c'est un peu la base du truc, et quand bien même les surprises sont rares certaines fins d'épisodes font leur petit effet.


Huhu tâcle


Baccano! est indéniablement une série à personnages, faut pas aller bien loin pour comprendre pourquoi. L'essence de la série, c'est l'interaction entre tout ce beau monde, dont l'identité nous est rappelée chaque fois avec l'opening. Le casting est fixe, dans le sens où on nous présente une quinzaine de persos dès le début, sans réelles entrées ni pertes tout le long. C'est un groupe de personnages, peu se connaissent à la base et le deus ex toutélié va gentiment agir le long des épisodes. Ces personnages sont un peu spéciaux : physiquement d'une part car il faut bien avouer que le chara-design est mémorable et bien foutu, cependant ils ont tous la particularité d'être un peu... bourrins. A première vue, ils manquent tous un peu de subtilité, ils sont tous dominés par un unique trait de caractère. Bien sûr, il y a des variantes, des subtilités, des évolutions, mais le postulat de base nous offre une plâtrée de protagonistes aux caractères très fantasque. L'épithète parfait pour décrire Miria et Isaac, le couple le plus adorable de la Japanime, ils sont le ressort comique de la série avec leur comportement déjanté et excentrique. Comment ne pas aimer ce coté "Robin des bois Bisounours?" Je sais pas. Vous non plus.

What else? Une fratrie de mafieux façon Daltons. En face, il y a Jacuzzi Splot, tout mignon tout plein avec son caractère caricaturalement peureux - qui heureusement, va avoir la chance de se laisser pousser des couilles. Après c'est du soit du perso pas clair et contrasté : Firo a tout du gentil perso principal mais l'une de ses premières scènes est son passage initiatique dans une famille mafieuse - ce qui dans l'absolu est un poil troublant quand à ses motivations - soit du PUR MECHANT, et c'est là le gros du paquet Baccanesque.
Cette série semble prendre une incroyable satisfaction à faire un concours de méchants. Entre le bad guy "grand manitou mais classiquement mauvais et néfaste" et les purs psychopathes, il y a de quoi faire. Parce que Ladd les gars. Sans aucunes finesse, pur psychopathe, tout ce qu'il veut c'est tuer, ça aquiert même une dimension fétichiste avec sa copine (invisible. On se demande ce qu'elle fout dans l'opening) et il s'habille en blanc. Etre tordu, mais avec le sourire et la classe, c'est un peu ça le devise de cet anime.

Et quand le rail tracer entre en scène, moi ça m'évoque un certain Johann L. Un beau gosse qui veut se faire passer pour un humain, avec une attitude de serial killer qui exprime des sentiments entre deux tueries. Là on repousse un peu les limites des conventions du genre : dans Baccano, un "méchant" peut-il torturer un gosse? (Question bonus : de quelle façon?)





Cet ensemble, le cadre temporel, les personnages, tout ça contribue à une ambiance mémorable. D'une part, tout est léché, haut en couleur, réfléchi, classieux. Tout le monde a toujours la petite réplique verbeuse, que ce soit dans la méchanceté, la naïveté... tout le monde a du charme, tout le monde à la classe, on baigne dans un monde d'opulence et de champagne, avec beaucoup de sang autour, avouez que ça fait envie.
D'autre part, le morceau entendu plus haut c'est Gun's & Roses
(aucun rapport fils unique) ce qui est assez cohérent avec le reste : pas mal de contrastes. Pas des contrastes extrêmes comme dans Hinamizawa, mais des contrastes quand même. On alterne les scènes de pure guimauve avec le couple terrible et les passages GLAUQUES avec les personnages adéquats, et pas nécessairement ceux qu'on pourraient penser. On pulvérise un peu les convenances, les gosses ne sont pas intouchables, ça saigne beaucoup et ça massacre avec des motivations douteuses. Tout à l'heure, je parlais d'une ambiance, souvenez vous que le principal arc temporel du truc se passe intégralement dans un train, en pleine nuit de sucroit. Je vous laisse imaginer les possibilités : sous les tables de restaurants, à l'arrière, dans les couloirs et surtout sur le toit, tout le Flying Pussyfoot est parcouru pour des moments faits pour être épiques. Et ça passe, sans aucun problème.

Dans la forme, c'est impeccable, certains persos sont un peu moches mais on ne les voit que très peu, l'essentiel étant ce véritable concours de GAR dégagé par ce casting assez flamboyant. Alors voilà, quelques passages un poil longuets, des dialogues pas toujours fascinants à suivre, et tout un pan de l'histoire (les Genoards... bof) franchement en dessous du reste, mais c'est une excellente façon de sortir des sentiers battus. En fait, cet anime cultive une complexité très modeste, comme si ils avaient un peu honte de mettre autant de points de vue et de recul à avoir sur l'ensemble du truc à coté de certaines scènes un peu cliché, à première vue toujours. N'oublions pas que l'important, une fois de plus, est la vision d'ensemble, surtout dans un anime aussi méchant avec les amateurs de scénarios linéaires.
Baccano! Un casting sympa et travaillé, une façon retorse de relater les évènements, un cadre novateur, tout le monde aime et moi aussi, on est clairement dans le haut du panier. C'est court, c'est sans fautes, c'est impeccable.



Au fait, au cas où vous vous seriez posé la question comme moi, ça veut dire "Boucan" en italien. Maintenant, je vais mater les trois épisodes bonus qui, parait-il, étoffent un peu l'univers et se permet carrément le luxe d'introduire de nouveaux persos... quoi qu'il en soit, et avec un an de retard : MERCI NASHI !!

Par Concombre Psycho Masqué - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Lundi 5 octobre 2009
  
            

Cet opening est complètement fou et je me lasse pas de le mater en boucle. Ce morceau  dingue et surréaliste, ce petit riff en palm mute qui tourne en boucle, une animation méga colorée qui bouge de partout... et un gros culte du corps féminin. C'est fantastique, et ça colle avec l'anime qui va derrière, et cet anime c'est Maria✝Holic, diffusé entre Janvier et Mars 2009, ce qui fait de ce post la critique d'un anime quasi-récent, miracle!


Ce truc a tout pour avoir un contenu un peu foldingue. Issu d'un manga très foufou et produit par Shaft, un studio dont je vais passer le mois d'Octobre à faire les louages et qui a la particularité de faire des animes barrés au possible, le résultat final ne pouvait être qu'un espèce de truc informe pondu au hasard. Hé bien non, miracle, voici quelque chose de très léger et de différent, au scénario un peu dingue et qui se regarde assez bien. 

Comme la typologie le laisse bien supposer, Maria✝Holic est une fiction ayant trait à la joie catholique, et je dirais même plus, la joie graveleuse des dortoirs catholiques. Si comme moi vous avez passé votre jeunesse dans un établissement privé à dire Amen à tout ce qui bouge, la suite pourrait éventuellement être comme une petite vengeance par anticipation. Le scénario de base est comme qui dirait juste "un tout petit peu foutraque".


Kanako est une jeune fille en fleur qui rentre à Ame No Kisaki, établissement catholique de jeunes filles - et elle compte bien y trouver l'amour. Pour l'instant ça semble être le scénario le plus neuneu et cliché du monde mais il faut savoir que Kanako a des poussées d'urticaire au moindre contact d'un perso de genre masculin et elle préfère largement son propre placard. C'est donc dans l'expectative de voir une kilotonne de jeune filles en maillots de bains que Kanako se laisse joyeusement aller en fantasmes et en saignements nasaux quand elle tombe sur sa copine de chambrée, Maria, que voici que voilà. 

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Vous l'aurez probablement constaté : Maria est une personne très, très charmante. Excessivement. Longs cheveux blonds qui font antenne-radar, yeux rouges, démarche féminine moe-moe. Pour aller encore plus loin dans l'exotisme, Maria est toujours accompagnée de Matsurika, sa servante à la tenue de maid très marquée. Voilà, prenez le temps de savourer joyeusement la grâce et la joie que procure l'image du dessus parce que Maria est... un mec.
Un "trap" pour ceux qui ne connaissent pas le jargon. Le trap parfait et ultime. Bien entendu, ce cas avéré de "crossdressing" possède une explication toute rationnelle (rationnelle dans l'échelle de l'anime hein) Kanako va le découvrir par hasard et c'est la que l'un des axes principal du "non scénario" commence : Maria est un tyran, un petit connard manipulateur et génial, un vrai, un bon. Il maltraite Kanako comme personne, la traite de "sale truie lesbienne", menace de la violer si elle répands ce fameux secret et n'hésitera pas à l'asperger d'essence, c'est l'amour vache et dominant/dominé entre les deux personnages principaux, tout ça sous l'oeil cynique et désinvolte de Matsurika qui sert ce "pervers travesti" par obligation.

L'atout principal de Maria✝Holic est donc... Maria. Je ne vais pas vous faire un déballage hormonal mais ce perso, constamment le cul entre les deux genres, et assez fascinant avec sa méchanceté gratuite, ses grandes tirades diabolique et son attitude "conquérir le monde" imposante et hilarante à la fois. Un tel hybride, sans aucune finesse ni demi-mesure (ne pensez pas que les deux finissent ensemble, y'a pas moyen) mérite à lui seul le détour, d'autant plus que son doublage est assez délicieux, tout en contrastes entre les tirades mignonnes et les menaces à la voix grave sorties de nulle part.





Notez que l'orifice en question est précisé dans la réplique d'après!

Voilà pour le postulat de base, qui n'est exploitée que de manière très sporadique au fil des 13 épisodes. Après, c'est du "tranche de vie", il n'y a pas de réelle intrigue de fond. Certains épisodes contienne plusieurs "sous épisodes" sans réel rapport. Le dénominateur commun, c'est la vie lycéenne de Kanako, qui passe son temps à fantasmer sur les autres pensionnaires, à saigner du nez, à se retrouver à l'infirmerie et on reprends la boucle (le dernier épisode est assez croustillant car il pastiche ce principe une demi-douzaine de fois) c'est donc ce qu'on peut appeler un anime tranche de vie qui se base davantage sur les situations que sur un réel scénario de fond. Les trames scénaristiques sont rares quand elles ne sont pas parodiques (quels sont les sept mystères sanglants du dortoir? Que cache l'horrible syndrome de Tchaikovski en B mineur ??) mais elle restent présentes : latentes, internes, référentielles... ce n'est pas de l'aléatoire pur, mais joyeusement bordélique et surtout un rien répétitif.

Comprenons nous bien : quand bien même Maria vole la vedette avec son génie sadique, l'héroïne est bel est bien Kanako. Kanako monologue, Kanako parle toute seule, Kanako l'obsédée sexuelle, Kanako fantasme sur les profs, les élèves, les murs, Kanako yuri, Kanako chante, Kanako fait du ski, bref il y a toujours un tas inestimables de scènes monologues/délires dans le tout petit crâne de la jeune fille en fleur - elle est un peu conne, et elle le sait - et elle va faire au mieux pour réussir son intégration et mater au possible. C'est là le paradoxe : la série se base sur l'antagonisme entre les deux personnages. Kanako est l'héroïne de la divine comédie mais elle n'apporte volontairement rien, ne fait rien progresser, elle tourne en boucle et plus encore. Ce n'est que Mariya qui fait avancer les choses : pourquoi se déguise-t-il? Qu'en est-il de sa fratrie? Quels sont ses liens avec l'établissement? Bien sûr ces rares moments de lucidité sont ratrappés par des épisodes pouvant s'appeler "Le mystère du soutien-gorge volage" ou bien "La visite médicale de l'Enfer", c'est vous dire à quel point tout ça est pris au sérieux. On fait fi des enjeux scénaristique à outrance, ça change et c'est très bien fait. Un anime de filles pour les mecs virils.




Ce n'est pas très criant mais l'appartenance au studio Shaft est très révélatrice du style de cet anime : visuellement c'est un joyeux bordel. L'animation et le dessin sont très agréables, rien à redire, mais Shaft a pris un réel plaisir à poser des bases pour les déconstruire cinq secondes après, à changer de style, à insérer des cut-scènes sans aucun rapport... mater Maria✝Holic c'est un état d'esprit. Le fond est aussi barré que la forme, il n'y a aucune limites ni conventions pour présenter une idée ou une scène... mais l'ambiance "catholique" prédomine souvent. Du coup, on va avoir des scènes sous formes de vitrails, d'autres avec des fonds aléatoires et improbables, encore d'autres avec un style qui change constamment (sur la fin y'a un léger abus d'illustrations parodiant le style très manga-pour-jeunes-filles) - c'est comme mater une balle rebondissante dans la forme, avec des intrigues parfois un poil plates. C'est un gros paradoxe et c'est assez attrayant, ça fait parfois passer la pilule sans jamais saouler.

Tout ça est entrecoupé d'un nombre ahurissant de références à d'autres animes, estampillés Shaft ou autres d'ailleurs, et on pourra admirer tout au long de la série l'expression "Gnihi petites culottes" de Kanako sous l'influence d'un nombre assez cyclopéen d'animes. Par ailluers, si vous aimez lire cinquantes trucs à la fois aussi (mais je tarderais pas à évoquer pire à ce niveau là) c'est pour vous.

On pourrait définir une "ambiance générale" à l'anime, très confinée, stricte comme un dortoir féminin, avec ses statues de la vierge Marie, ses haies biens taillées, son intérieur luxueux... même la présentation intrinsèque est rigolote : les "annonces d'épisodes" en papier millimétré sont un petit régal (et le petit jingle qui va avec, qui s'étoffe parfois au fur et à mesure, le genre de petit détail rigolo et bien trouvé) et les animateurs n'hésitent pas à foutre des gimmicks sans aucun intérêt au sein d'un épisode (genre toujours expliquer telle ou telle expression comme si on savait rien) pour changer un peu des saignements de nez de Kanako - ou des gimmicks sur l'entièreté de la série (comme le fameux "petit truc rouge" présent sur chaque plan en extérieur, que je soupçonne être Dieu, le seul, le vrai) Ce qui me fait penser que si vous avez maté et aimé Excel Saga, je pense sincèrement que vous aimerez Maria✝Holic. C'est le même esprit mais avec un genre et des bases bien précises... c'est tout aussi bordélique en l'étant un peu moins... bref. Graphiquement, c'est aléatoire et hystérique, et assez poussé dans ce sens. Si vous êtes rapidement gavé, tant pis.


 

La Dreamcast? La ... VIRTUAL BOY ??

Autour du trio principal s'établit une petite batterie de personnage à l'importance variable. D'une part, il y a tout les autres pensionnaires, une grand blonde qui semble avoir un grief envers Maria (qui s'entends bien avec tout le monde, en dépit de son sadisme caché) armée de ses mignions (obsédées par les fruits de mer) et la joyeuse bande de copines qui vont graviter autour de Kanako. A partir de là : personnages un poil stéréotypés... La petit excitée par tout et éternelle optimiste, la sérieuse à lunettes qui ne bronche jamais, l'archère sérieuse et mystérieuse. Rien de très marquant, ça meuble un peu, ça le fait pas trop mal, bon. Le meilleur second couteau reste la surveillante du dortoir, qui se fait appeler Dieu - ni plus, ni moins - et dont la sévérité égale la petite taille. On dirait qu'elle a 8 ans, mais quand Kanako la surprends en train de faire joujou avec des vieux souvenirs, elle est portée disparue pour les deux prochains jours. Il faut CRAINDRE Dieu. Dieu confisque vos mangas Yaoi, vous fait chanter et garde le secret des intrigants mystères de l'établissement. Si vous osez échouer à vos examens, la sentence est tellement terrible que vous l'avez déjà effacée de votre mémoire. Toujours secondée par son chien et son slip-de-tête magique, Dieu est un personnage sympa et bien trouvé.


D'autres persos ont des apparitions aussi courtes que débiles ; je pense immédiatement au padre, seul et unique personnage délibérément masculin de la série, qui tombe amoureux de Maria mais qui observera un zêle hilarant envers la santé de Kanako, ou bien les profs ou infirmières qui ne sont là que pour les enjeux comiques répétitifs, je commence à le matraquer là. Les persos sont parfois eux mêmes désolés du tel bordel dont ils sont les acteurs, le quatrième mur et violé à de nombreuses reprises, souvent par Maria qui évoque le fanservice et les dialogues aléatoires. Parfois, les scénaristes ont l'air de s'en foutre un peu, ils ne s'en cachent pas et le font même pas mal les sagouins! Je veux dire qu'ils lancent des cliffhangers débiles "Oh mon dieu un monstre tentaculaire débarque" et on en parle pas du tout à l'épisode d'après. Et vous savez quoi? Ca passe. On est pas à ça près, et on est pas là pour la rigueur, ça n'a rien à faire là, c'est juste absent du cahier des charges. La fin de l'anime est assez représentative : rien n'est "fini", aucune vraie réponse, on s'en tape un peu on est des fous.

L'emballage sonore est lui aussi assez dingue. Outre l'opening ci dessus, Hanaji (le verbe "saigner du nez, CQFD") bien entraînant et hypnotisant, on a un ending très sympathique, en pixel art et fourmillant de détails et de variables selon les épisodes. Le syndrome "gag du canapé" un peu. Les petits musiques de fond sont elles aussi bien dans l'ambiance dortoir catho salace : beaucoup d'orgue, classique ou de barbarie, des petits thèmes absurdes à la flute qui sans êtes immémoriaux sont vraiment sympathiques et léchés. Pour poursuivre dans le foutraque, il est important de dire qu'après les endings se trouvent un tas de petites séquences crétines n'ayant rien à voir avec ce que vous avez pu mater dans l'épisode qui vient de se terminer. C'est ça la puissance de Shaft.


En résumé, un anime qui se regarde très bien puisque court, pas prise de tête mais avec pas mal d'éléments très aguicheurs dans un postulat qui pourrait sembler très classique. Le coté bordélique aide bien, Maria aide bien, l'ambiance et l'identité visuelle aident tout aussi bien. C'est vulgairement sophistiqué quoi. Un anime que je trouve très sous-estimé (777è au classement My Anime List) et que je préfère par exemple (pour l'instant) à Gurren Laggan, qui lui est classé quatrième. Mystère. A voir dans la joie, l'amitié, les menaçes de viol et les aliments de la montagne.
 


Yeah.
Maria✝Holic, seul anime qui vous réconcilie avec le concept de "foi"!
Par Monseigneur Concombre Masqué - Voir les 6 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Dimanche 20 septembre 2009

J'ai toujours été une grosse victime du mot "Collector" dans la plupart de mes achats. Enfin, victime consentante, telle une héroïne de manga fallacieux, je plonge dans les couillonades à pieds joints - et j'aime ça. Si on zappe le coté dépensier compulsif, on peut dire que je suis toujours attiré par les beaux packagings, les belles boîtes et les petits trucs inutiles qu'on peut trouver dedans. Exemple concret : découvrir Gurren Lagann et dépenser 30 Euros pour 9 Episodes? Que nenni, autant dépenser 20 Euros de plus et se taper le luxe d'avoir une boîte à ouverture aimantée, un écusson et une foreuse en plastique. Avec du recul, ça paraît un peu con et ça l'est probablement mais voyez-vous, difficile de résister à l'appel du sacro-saint "collector".


Ben ouais, le mot impliquerait que posséder l'édition collector, c'est faire partie d'une minorité glacée et sophistiquée, c'est l'élite et les filles de joie. Tu te dit "Tiens, je vais acheter Mon Padre chez les Nonnes V mais en EDITION COLLECTOR parce que je suis prêt à dépenser cinq euros de plus pour quelques bonus pas nécessairement sympa et une boîte différente." Le problème c'est que la notion même de Collector est (attention scoop) un peu désuète puisque l'édition limitée n'est jamais à court de tirage, même des lustres après la sortie initiale, le prestige est inépuisable et n'acquiert pas cette petite légitimité de la rareté. Jusque là rien d'étonnant.


Là je reste dans le cadre des DVD de films ricains ou français, je me suis rendu compte que toute ma DVDThèque était prétendue collector et que le DVD qui méritait le plus ce titre était... les 11 Commandements. Bah ouais, que voulez vous, le film m'a bien fait rire, la galette optionnelle propose carrément un autre film sur le même principe - double le contenu de conneries Younesque - double le LOL - double l'intérêt et divise le rapport qualité/prix. Dans le reste de mes quelques films, le deuxième disque ne contient que des Makings Off que personne n'a envie de regarder, de quoi regretter de dépenser plus sans se l'admettre réellement. Hé ben je découvre que dans le monde de l'animation les proportions sont encore plus délirantes : ici pas de bonus de la sorte possible, on met donc des petits goodies dans les boîtes destinées aux chanceux/bourgeois.

 

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OUT ! Boom !

Deuxième problématique générale : en suivant une série par DVD interposés, faut-il faire preuve d'une patience à tout rompre pour attendre une intégrale où acheter les saisons/box au fur et à mesure de leur sortie? Tout est fait pour que l'acheteur potentiel se fasse couillonner à la fin - impossible de savoir si l'éditeur va sortir une intégrale à prix avantageux (courage, bientôt un coffret FMA intégral, attendu depuis une demi-décennie) ou si la parution va s'arrêter en chemin/vous faites faillite en route/vous vous passionnez pour les dramas Japonais. Autant de questions matérialistes qui ne trouveront de réponses que par la prochaine vacuité de (mon) votre compte en banque... 


Mais rassurez vous, il existe une manière encore plus aléatoire de dépenser son argent pour des objets de collection, et vous la connaissez bien, puisqu'elle est sauvagement matraquée sur les écrans cathodiques - plus précisément à chaque été. Entre Olivier de Carglass et les très inquiétantes pubs LCL trône toujours une réclame pour "redécouvrir" une série morte et enterrée à la Zorro et Mac Gyver, bref vous aurez compris que je veux parler de ces fameuses collections en librairie qui font le malheur de nos... libraires. Malheur, je suis faible et j'aime beaucoup le concept quand l'objet de la-dite collection est un minimum sympa. Problème encore : l'objectif ultime de la chose étant d'avoir l'intégralité de X parution est à la fois démentiellement long et coûteux. Vous connaissez le deal : sur la globalité, les produits achetés sont trois fois plus chers, passés le N°1 au dixième du prix et le N°2 qui passe sensiblement à la moitié du prix suivant.


Et pourtant... ce concept m'a touché très tôt et j'ai pu terminer intégralement mes deux premières collections, faut dire que ce n'est pas moi qui les payait (rire sardonique) je dois donc rendre hommage aux VHS Disney Magic English qui m'ont appris bien plus de trucs que le programme de primaire qui suivait juste après. C'était complètement fou, toutes les deux semaines il suffisait d'aller chercher la VHS + Fascicule à thème, et chaque cassette contenait quatre cartoons commentés en anglais, quelques exos oraux, une chanson et un "melting-pot" final de bon aloi, le tout étant basé sur un thème précis "Les nombres, le moment de la journée, les gentils/méchants" etc. Bref quand on avait l'âge visé c'était parfait, nostalgie.

Deuxième collection complète à traînasser sous le lit - le château fort de Robin des Bois, magie... n'était pas méga fan de la mythologie, le coté "modélisme" était intéressant parce qu'avec le numéro 1, on avait trois les trois quarts d'une première tour !! Démentiel ! Au fur et à mesure, j'ai donc collectionné les pièces (que j'ai rarement mis ensemble) les figurines (que j'ai du mordiller un peu) et les fascicules (que je ne matais jamais). Ces deux truc correspondent bien à ce qu'on trouve aujourd'hui : soit une série, soit des petits objets à collectionner, à rythme hebdomadaire ou bimensuel, toujours avec l'ineffable fascicule qu'on pouvait diviser dans le classeur qui va bien...

Entre temps, j'ai amorcé l'achat de pas mal de trucs plus ou moins utiles, comme par exemple... la fabuleuse collection Hachette des inventions de Gaston. 


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Aisément la meilleure BD franco-belge ayant bercée notre tendre enfance, l'apologie de la sagacité et de la paresse ce qui a donc tout pour plaire et encore plus vis à vis de ma pomme. C'est donc avec joie que je procure le premier numéro publié par Hachette l'avant dernière semaine de 2004. Ca démarre à 3, puis 7... puis le numéro coûte 13,50 ce qui fait très très mal deux fois par semaine. Pourtant je me suis toujours dit que ça les valait : les figurines étaient bien faites, franchement grandes, bien finies, toujours très sympathiques et mettaient en scène ce qui faisait le meilleur de la BD, à savoir les petits traits de génie absurde de ce personnage assez génial. Enthousiasme qui a duré assez longtemps puisque je n'ai abandonné le truc qu'au douzième numéro. A un moment, je me suis vraiment dit "Je VAIS essayer d'avoir cinquante figurines différents de Gaston, rien que pour le bonheur de les disposer et de les admiré avec gloire" ... ce qui parait toujours assez cohérent avec le recul. Les fascicules fournis étaient loin d'être moches, en respect avec l'univers de la fiction, parsemé de quelques petites anecdotes et précisions sur la BD, sur fond un peu encyclopédique. C'est tout ce qu'on demande, et c'était parfait. Le gros désavantage étant donc le prix, surtout quand on est un petit collégien dépendant de son argent de poche...

 

Rebelote en Aout 2005 avec Les Aventures de Lara Croft. Bon, problème, cette fois ce sont les diaboliques éditions Atlas qui régalent. N'étant fan que de la trilogie de base, je me suis bien fait séduire par l'habituel appel d'air "premiers numéros au prix réduits" et je me suis quand même payé une bonne demi douzaine de figurines. Les statuettes étant elles même de très bonne qualité, rien à redire (Lara Croft dans un costume tiré de X jeu de la saga) c'est plutôt le packaging qui pêche un peu, comme toujours chez Atlas, des fascicules de feignasses qui ne changent que par la couleur des pages (Rouge/Bleu/Vert et ça repart) Aujourd'hui, il m'est arrivé de retrouver ces figurines individuellement dans des fnacs, pour 4 Euros (au lieu de 7 ah ah)Et on dirait que des gens ont essayé de s'abonner, ils ont eu des problèmes.


Ce sont aussi les Editions Atlas qui ont publié l'intégrale de Buffy en DVD. C'était l'idéal pour acheter la première saison, mais après inutile de dire que l'affaire n'était pas méga rentable au vu des coffrets complets vendus par les fournisseurs un peu plus honnêtes - il n'empêche que se payer les quatre premier épisodes de 40 minutes pour deux Euros avait quelque chose de puissant - ça l'est toujours pour une tonne de séries plus ou moins récentes qui subissent le même traitement - mais ça m'aura permis de me replonger dans cette série qui sentait bon la "Trilogie du Samedi", et là si vous avez la musique du jingle en tête, c'est que vous avez bon goût. Packaging des DVDS et fascicules un peu paresseux et potables, mais pour 9,9E ça passait relativement bien.


A l'inverse de mon meilleur acte de crétinisme aigü envers les Editions Atlas, qui publie en 2004 une collection intitulée "Les Meilleurs Comédies du Cinéma Français", passés les premières affaires je me serait tapé une dizaine de films très très nuls, emballés dans des boîtes blanches et moches. Bon, super, j'ai découvert "La Chèvre" et "Gazon Maudit" mais c'est avec la Septième Compagnie que j'ai commencé à avoir une opinion assez dégueulasse du cinéma français en général. Vous vous souvenez peut-être, le numéro 1 devait être les Visiteurs, qui lui valait le coup avec son prix ridicule et le bon lot de répliques cultes qu'il contenait... mais acheter à l'aveuglette "La Cage aux Folles" et "Pédale Douce" pour 15 Euros, c'était quand même une belle preuve de connerie de ma part. (Et je ne dit pas ça pour le thème des films, mais bien parce qu'ils sont chiants et sans intérêt) 


Heureusement, on revient avec du lourd avec l'un des deals les plus honnêtes qu'on a pu mater chez nos libraires, et ouf : on revien null t aux éditions Hachettes. Une collection sur Magic les gars, difficile de pas y succomber. Surtout que les numéros étaient basés sur un deck à thême à construire, chaque sortie offrant le fascicule encyclopédique habituel, un morceau du "deck du moment", un paquet de cartes comme on en acheterais en grande surface (aléatoires, donc) et des pages en plastique pour ranger les cartes superflues et faire comme les collectionneurs dans les films. L'idée, excellente, était loin de nous prendre pour des cons : moins de 5 Euros toutes les deux semaines, cartes utilisables pour les tournois, contenu écrit de qualité et bien illustré, classeur offert rapidement... un excellent souvenir que j'ai abandonné, faute de joueurs adverse. Faut dire que faire des parties avec quelqu'un qui suivait la même chose et qui avait donc le même deck, ça avait quelque chose de cosmique. Ce qui ne m'empêchait pas de gagner ha ha.


Enfin, tout récemment, la collection "Cours de dessin Manga" m'a fait un peu de l'oeil, ce qui n'avait pas d'intérêt puisque je suis et je resterais une grosse bouse en dessin mais histoire de voir un peu ce qu'était le concept de "Cours" pour eux. Apparemment c'est pas si mal, assez pris aux sérieux, des petits exemples scénaristiques pratiques qui n'ont rien de superficiel et des indications de dessins relativement représentatives et concrètes. Bien sûr personne n'utilisera ça pour apprendre à dessiner mais on retrouve le coté "Collector" au fur et à mesure puisqu'une boîte à dessin est fournie avec le numéro 2, boîte dont l'unique plaisir et de voir son remplissage progressif... même si pour des petits prix il ne faut pas s'attendre à ce que les crayons et l'encre fournies avec les premiers numéros soient d'une qualité infaillible, c'est un petit truc qui m'aura fait redécouvrir le plaisir d'acheter un beau "Numéro 1" avec son beau carton qui embête le caissier et qui finit à la poubelle.    

 

En somme, un concept pas méga honnête mais qui m'a toujours séduit, pour peu que le thème traité soit un minimum attractif. Que voulez vous hein, réminiscences de Pokémon, Attrapez les tous. La chasse aux goodies est ouverte, et c'était en quelques sorte les prémices  des achats qu'on peut faire aux conventions d'aujourd'hui...                  


Pour finir et ça n'a aucun rapport avec le reste, c'est avec une petite tristesse sincère que je vous annonce le décès officiel de Concombre Radio... qui aura tenu une quizaine de mois avant de tomber sous les quotas officiels imposés par Radionomy. Hé ouais, tu fais pas X temps d'audience, tu te fait jeter comme un malpropre sans prévention aucune. Là c'était encore plus joyeux puisque la radio a été désactivée AVANT que je reçoive le mail fatal. Bref voilà, j'ai un peu l'impression d'avoir fait des ajouts et des tonnes de jingles pour pas grand chose, si vous voulez déposer une gerbe, merci d'insérer la phrase "J'ai les dents du fond qui baignent" dans les commentaires.

L'avantage c'est qu'à la place je vais pouvoir faire des liens vers des pages fixes - et donc un descriptif général du blog par extension. C'est à la fois cool et chiant.

 

Par Concombre Masqué - Voir les 10 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Vendredi 11 septembre 2009
Amis terriens.

Me revoilà en rapport de mission d'une petite virée parisienne pour faire quelques achats compulsifs. Outre une rencontre complètement inattendue mais néanmoins bien marrante, j'ai le plaisir de vous annoncer que je détiens le Graal, le trophée ultime qui donne des palpitations de la culotte.

LE PREMIER BOX DE L'ANIME SOUL EATER.
Courage, c'est l'une des dernière fois que j'en parle frontalement. J'en avais déjà rapidement parlé et , sans vraiment me focaliser sur le truc - cette fois, c'est la bonne, après les trois précédents pavés, voici un pur laïus un peu plus court de fanboy.
La puissance de Soul Eater est telle que des gens détournent des avions avec. T'est un passager, tu sors ton DVD et les gens disent "OH ! Il a des DVD Soul Eater ! Laissons le prendre le contrôle de l'appareil, on ne peut rien faire !" Cet anime est tout simplement mon coup de coeur de l'année. (Re) voilà pourquoi.

Mon premier contact avec la série se fait en fin du Volume 19 de Fullmetal Alchemist, quelque part en janvier dernier. Le-dit tome proposait quelques pages d'une future licence toute fraîchement acquise, au dessin pas méga glop mais au scénario aguicheur. Ma première réaction "Mais c'est une redite de Shaman King !" évidemment c'est un peu foireux comme raisonnement, ce n'est qu'à moitié vrai. D'une part le scénario et l'aspect sur-animiste de la chose, d'autre part la cible des ces séries : ce sont tout les deux des shonens. Je ne me permettrais pas de jugement de valeur au vu de ma piètre connaissance de SK. Non, le vrai shonen comparable c'est bien sûr Fullmetal Alchemist ; Publiés tout deux par Square Enix, tous deux adaptés en animes par Bones. Quand vous entendez ce nom, je veux entendre vos poils de cou s'hérisser - vous DEVEZ craindre ce nom - ces mecs font de l'or. 51 épisodes chacun, un bon petit nombre d'openings/endings, et surtout un scénario librement adapté pour un manga inachevé. J'aimerais que vous vous souveniez du plaisir, de l'émotion, bref du bonheur procuré par FMA - Soul Eater l'égale parfaitement. En outre vous pourrez vous vanter de faire preuve d'un poil d'éclectisme, la preuve, j'ai les DVD sous la main, une diffusion télé semble de moins en moins probable, et c'est franchement dommage. FMA, on l'a tous découvert en Anime puis en manga, les deux étaient juste différents. Là, on a d'abord découvert un manga au débuts pas génialement dessiné, puis une adaptation qui envoie du bois/du cassoulet sur Saturne/du pâté, le Shonen de l'année, THE anime 08-09. On en parle pas assez et c'est un scandale.



Piqûre de rappel pour le scénario : Ecole Shibusen des manieurs d'âmes, où des ados au look improbables s'allient avec d'autres ados aux looks improbables pour défendre l'idéologie du Dieu-de-la-mort-à-la-voix-de-débile contre les méchants démons. (J'ai failli écrire les "méchants débiles" mais c'est ça taper devant Secret Story hein) Ok, vu comme ça le scénario à l'air un peu neuneu mais n'oubliez pas le mot-clé "Shonen." Maintenant oubliez l'idée reçue "Shonen = Naruto" et remplacez le par "Soul Eater = Le regarder guérit du cancer" Ca ne voulait rien dire mais comprenez bien mon enthousiasme cosmique autour de cette franchise, moi qui ai des goûts archi carrés et restrictifs, un peu difficiles pour ainsi dire.

Le mot magique "shônen" parmi à l'anime de ne pas avoir de limites et de s'autoriser toutes les joyeusetés scénaristiques envisageables, c'est surtout la porte ouverte à LA chose inhérente aux produits de qualité : un univers. Encore. Celui ci est bien plus poussé que dans Hinamizawa : délires graphiques, savants mélanges entre lieux réels et fantasmagories de mangaka, tableaux délirants, décors de dingue entre ambiance gothique et avant-guardiste : on nous prends vraiment pas pour des cons. En plus il y a comme un souci du symbolisme dans la série, que ce soit dans le chara-design ou l'habillage : des âmes "customisables", des petits signes distinctifs, un très louable souci du détail qui fait plaisir.

Et maintenant, la bombe atomique de l'anime : le casting. Une bonne série, c'est de bons persos, c'est capital. Ici l'intégralité des personnage est incroyablement léchée, à tous les niveaux. Ne serait ce que dans les personnages principaux - Soul/Maka/Death The Kid/Soeurs Thompson et les autres, là. Soul à les cheveux blancs, les dents pointues, à un poster de Portishead dans sa chambre, fait de la moto, du piano, porte bien le costard et respire la coolitude. Maka est une héroïne de shonen non insupportable (rarissime) tout en nuances et en finesse. Death the Kid... voilà. C'est un dieu, fantastique design, toqué, manie des flingues. Black Star paraît juste insupportable de prime abord mais les quelques épisodes qui lui sont dédié montrent un mec un peu plus intelligente et posé, malgré une morale "Koh Lanta" un peu chiante. Mais la palette des personnages est fantastiquement vaste : Shinigami Sama le gros bourrin, Stein = charisme, Medusa la méchante qui alterne démentiellement bien la méchanceté pure avec cette aura saikse assez improbable, Spirit qui incarne un peu "l'humour manga" à son meilleur, et Excalibur, Excalibuuuuuuuur. Le personnage qui avait tout d'un mème, qui a eu ses moments de bravoure avec deux épisodes hilarants. Je tiens pour preuve le passage le plus LOL de l'épisode le plus LOL de la série (je vous aide, c'est entre le 31 et le 33)  :

" - Good Morning, Hiro! *Bruitage débile 1*
 - Good Morning, Excalibur! *Bruitage débile 2*"

 Aaaah quel bonheur. Cet épisode et le 14 m'ont bien déridé, et pourtant l'anime possède ses quelques passages un peu glauque (cet aspect animiste n'empêche de triturer un peu la chair et le corps humain, le temps d'une séquence assez dérangeante)
Et nous y voilà. LE perso GAR qui fait palpiter tout mon émoi quand il apparaît à l'écran...



CRONA. C'est d'abord un plumage : robe, épée, look méga déguigandé, tout en courbures, pupilles gigantesques, cheveux roses et boutons de manchettes. L'intérieur est encore mieux : perso complètement autiste et torturé à la voix irrésistible, tout en souffrance, en folie et en attitude un poil émo, sang noir et Ragnarok qui n'a de cesse de la maltraiter, ce qui donne des séquences très "Awwwwww <3 <3" Typiquement le personnage qu'on VEUT voir évoluer, qui donne envie de participer quand d'autre lui font des câlins encourageants. Une psychologie développée dans ce milieu, c'est rare, je prends, je suis pas amoureux mais hmm. PAS LOIN.
La petite cerise c'est qu'on ne sait jamais vraiment si c'est un mec ou une fille.
Et l'ambiguïté les gens, ça stimule. Sisisi. Bref premier syndrome évident de moe sur un perso qui n'obéit absolument pas aux poncifs du genre, bien au contraire! 

L'intégralité du casting Soul Eater : si ils sont dans mon lit, je ne suis pas sous la douche. On pourrait faire un tournoi sur le "perso le mieux habillé" ! Après Soul Eater, j'ai plus honte de me balader en cravate blanche.

Okay, deux mots sur la différence manga/anime. Comme je le disais un poil plus haut, le début du manga est pas génialement dessiné et il faut faire preuve d'une certaine tolérance - d'autre part, les deux supports ne démarrent qu'après un certains temps : quelques chapitres/épisodes ne servant qu'à introduire le "trio principal" et lancer des pistes, et les choses sérieuses ne commencent qu'après une quinzaine d'épisodes. C'est comme ça! Et n'allez pas dire que le début est mauvais, ce serait preuve d'une mauvaise foi gênante. Pour le dernier quart de l'anime, Bones à du improviser un peu et ça ne se voit absolument pas si vous ne lisez pas les scantrads (et vous aurez raison) mais voilà : la fin pue. Les cinq dernières minutes sont à jeter, plus expéditif, nébuleux et rapide tu meurs, dommage. Heureusement, bien vite la sensation d'avoir autant pris son pied pendant cinquante autre épisodes revient.

Le deuxième méga point fort en faveur de Soul Eater c'est sa bande son. Vous le savez, l'habillage musical d'un anime tient en deux catégories : les petites musiques d'ambiance récurrentes (les BGM) et les Openings/Endings qui habillent le truc.
Les premiers sont parfait : d'habitude, la musique d'ambiance obéissent à la logique de la basse dans un groupe. On ne l'entends pas, mais son absence fait sentir un manque. C'est même pas vérifié ici : les musiques d'ambiance sont expérimentales, accrocheuses, inventives, je suis vraiment tout joie de le dire et l'épisode hilarant de Scrubs que j'écoute vaguement ne m'aide pas à trouver du mal à la BO de Soul Eater.

Qu'en est-il des openings et endings? Vous le savez, je prête une attention tout particulière au mot "générique". L'habillage introductif est tout un art, que ce soit au niveau esthétique ou musical. En l'occurrence, il tourne, et 6 séquences différentes se succèdent le long du truc. Trois endings sur quatre sont surkiffants. Comme dans FMA : un "introductif", un "mignon", un "rythmé urbain" et un "émouvant". Synchronisme image/musique, les deux étant toujours léchées et excellentes, je kiffe, je kiffe. Mais non de dieu je m'étonnes moi même d'être aussi jouasse. Phrasès hurlès, petits riffs de piano, le japonais chanté n'a jamais été aussi jouissif et parlant.
 

Mais bordel de Dieu du rap japonais. Du RAP. JAPONAIS. L'improbabilité du truc est à la hauteur du génie derrière. Ces petits coups de violons, ce souci de l'harmonie, ces paroles poétiques (la magie du fansub) qui collent aux persos, c'est du travail bien fait. Je suis conquis, conquis.

Parlons un peu du DVD pour finir. Je trouve le prix ahurissant, exemple simple ; Si un coffret Intégral SFU coûte 200 brouzoufs à sa sortie, et regroupe 65 épisodes de 55 Minutes. D'autre part, si trois DVD de 11 épisodes x 25 minutes coûtent 40 brouzoufs, sachant que l'un des deux coute mille fois plus à produire, ou est l'arnaque? HEING? C'est dur d'être un fanboy. Je suis u fanboy comblé. Fanservicement parlant. J'me comprends. Le packaging est sympa, de beaux artworks, même si les sérigraphies sont entièrement consacrées à Maka. Des tonnes de pubs, des menus surmoches, pas top. Heureusement, toutes les pépites de transitions, les "Late Show" sont présents en surnombre, et on peut visionner indépendamment les génériques, c'est un beau geste. La VF? Dans le panier "moyen". Soul et DTK devraient être inversés, Black Star est un peu insupportable et Maka à une voix bizarre. Excalibur est carrément insupportable (je ne sais pas si la fidélité à la relou-ti-tude du perso s'adapte à ce niveau là) et ils ont collé à Crona là VF de... Excel? J'ai l'impression d'entendre Pascale Duchemin, et je trouve ça bien trouvé, couplé à un Ragnarok parfait. Je le redis, la VO est excellente aussi, elle m'a carrément réconcilié avec la langue japonaise, tout est méga réfléchi et approprié au niveau des phrasés, puis vous aurez le plaisir d'entendre l'idiome "DEI-JA-VOH" (à savoir "tout va bien) au moins trente fois par épisode, ce qui est rigolo est chaloupé. J'ai mal au crâne, ouille.
Allez, VLAN!



Merci Damien! Nan pas toi, l'autre. Le frère d'emmerdement-devant-Faith No More.
Bon, vous me dites "Un argument final pour suivre tes conseils et dépenser ton pognon?"

 

BECAUSE I'M BATMAN.

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