Télédérision


Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 23:05
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Bonjour plèbe! C'est moi, Russel Hantz, et il vient de m'arriver un truc de dingues! Installez-vous posément, je vais vous raconter une belle histoire à ma gloire, mon passage dans la real-tv américaine Survivor Samoa.

Regardez, on peut me voir sur l'image là, avec des joyeuses andouilles habillées en jaune. Notez le chapeau que j'exhibe pour montrer au monde entier ma classe et mon style. Je fais un petit mètre soixante, j'essaie de cacher tant bien que mal une petite bedaine, témoignage de ma vigueur et de mon bon vivant! J'ai une dent pétée que j'aime bien montrer au grand jour, le temps d'exhiber l'un de mes mémorables sourires diaboliques. J'ai un peu une tronche de troll mais faut pas croire, je suis marié à un canon et j'ai quatrebeaux bambins. Dire que je suis le roi du pétrole est une blague bien éculée puisque je suis effectivement un magnat de l'or noir et je me suis fait pratiquement deux millions en 2008 - en plus je suis texan donc voilà je suis un peu un cliché ambulant - j'ai donc décider de pimenter un peu ma vie et je me suis inscrit à la 19è édition du fameux show américain où on s'entre-élimine pour tenter de gagner un million de dollars US. Moi je suis déjà millionnaire, je m'en fous un peu donc je me suis dit que j'allais faire autre chose et catalyser un peu mon complexe de malade de l'attention. J'ai donc été casté par cette fille qui recrute un peu n'importe qui - car oui pour participer à un real tv faut soit passer un casting soit être là quand la casteuse passe, au marchands ambulants de tacos par exemple. Cette femme, en 10 ans, ne semble qu'aimer ces gens recrutés au hasard et les proprios californiens de bars, les auteurs poussifs californiens et les acteurs/mannequins californiens. Bref j'ai fait usage de mon petit sens verbeux et hop le tour était joué, deux mois plus tard je me retrouvais sur les îles Samoa à faire le zouave.
J'ai donc fait mon petit truc et ça à failli parfaitement marcher...

Du coup, début Septembre, les premiers teasers pour cette nouvelle saison commençaient à tomber. Entre les petites images d'illustrations habituelles, la voix off virile annonçait "le plus gros méchant de l'histoire de Survivor fait son apparition!" Bien sûr cet épithète n'était pas dédié à ma bedaine mais bien à ma moule, ma petit chance insolente et surtout ma capacité à monopoliser l'attention de la caméra. Vous vous rendez compte, j'étais déjà une superstar avant même que le show ne commence!
Vous le savez probablement, dans la real tvricaine comme "partoutailleurs" comme disent les présentatrices météo, les candidats sont cantonnés, souvent contre leur gré, dans l'obédience "gentille" et l'obédience "méchante". Moi, j'ai voulu prendre le rôle de force, en plus j'avais cru entendre parler d'une saison All Stars spécialisée sur le genre dont le tournage était prévu au même endroit, juste après. Au catch ils appellent ça les "face" et les "heels" je crois... ben moi j'ai voulu m'amuser, et faire le superheel.

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Me voilà donc fraîchement débarqué sur une plage de sable blanc et fin, avec 19 autres zigues. Je suis dans l'équipe Jaune, la tribue Foa Foa. Casonne pas très bien mais c'est l'équipe gagnante, forcément je suis dedans! De l'autre coté, y'a un autre Russel mais il a des dreadlocks et à l'air un peu trop gentil pour être crédible. Tout de go, le charismatique Jeff Probst nous demande de procéder à un vote pour élire un leader. J'ai reçu deux-trois voix sur les neufs autres, dont une petite brunette qui m'appelle "Big Strong Guy". Il faudra penser à l'éliminer elle, c'est une menace potentielle. Bref je ne suis pas élu, le rôle de siège éjectable revient au beau gosse médecin avec sa belle veste. Les leaders doivent immédiatement choisir des gens pour le jeu de confort immédiat : je suis choisi pour le rôle du FORT : je montre ainsi ma puissance en soulevant des rondins comme un homme! On gagne même le challenge, tout commençait sous les meilleurs auspices. L'équipe mauve, les Galus, était bien dégoutée, même le jeunot physicien à l'air tout penaud.
Je rentresur le camp et là, j'attaque direct et je met en place ma grande stratégie de fou : je vais voir les 9 autres, toujours individuellement, et je leur promet monts et merveilles. Bien sûr ils ne bronchent pas, trop contents d'avoir des offres spontanées. Y'en a même qui semblent complètement tomber dans le panneau, j'appelle ça mon "alliance de blondasses"! D'autres semblent un peu méfiants, comme cette fille qui est policière sur le continent, ou l'autre asiatique là qui est avocate. Je copine un peu avec les autres mâles, et je me trouve même un sidekick, car les bad guys ont toujours un sidekick. En plus celui là à l'air un peu déjanté - comme j'ai regardé la saison précédente je sais que le second du grand méchant se fait virer bien avant lui.

Du coup, après avoir tout promis à tout le monde de façon totalement invisible et subtile, je commence à faire mon petit show. Objectif : faire de la vie de mes compatriotes un véritable enfer. Je veux les AFFAIBLIR. J'ai même un gimmick : "Si je peux contrôler leur ressenti, je peux contrôler leur pensées!" Car je sais que ça m'assureras une position dominante à l'avenir. Ne demandez pas, je le sais. La nuit tombée, je leur raconte des tas de conneries comme quoi j'étais pompier, j'ai survécu à l'ouragan Katrina (comme tout les candidats de real-tv cette saison d'ailleurs) et que mon berger allemand venait de mourir. Ils gobent tout, me disent qu'ils sont tristes et s'endorment. Moi je commence mon travail de fond : je brûle les chaussettes de petit BCBG et je vide impunément toutes les gourdes de la tribu. Le caméraman à l'air d'être aussi à fond que moi! Du coup, au matin c'est déjà le bazar : mon grand dadais de pote et la petite brunette s'engueulent et ne peuvent déjà plus se saquer! Du coup effectivement, j'ai bien affaibli mes troupes et conséquence logique : on perd le premier immunity challenge. Les gens commencent à flipper, moi je dis à tout le monde de virer la brunette, et tout le monde s'exécute. Numéro 20 sort en pointant du doigt l'une de mes deux servantes blondasses comme étant le maillon faible. Ce qui est vrai, il faudra que j'y repense.

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"Quelle virilité dans l'poignet! Vous devez faire le bonheur de votre mari!"

Deuxième round : de retour au camp au petit matin, je commence à chercher la petite immunité cachée que je suppose être sur chacun des camps. Je rappelle que dans cette version du jeu, on peut glaner des indices pour choper une idole à sortir avant un vote si on se sent menacé... donc moi je la cherche, sans indices. Je cherche partout, je fais même pas semblant, les autres marchent comme des zombies autour de moi sans que personne y prête attention. Et JE LE FAIS! Je trouve l'immunité (pas super) cachée sans indices et je deviens le premier à réaliser cet exploit. Ma conquête du monde commence bien! On va au reward challenge, un espèce de jeu de basket bien bien bourrin ou tout le monde peut se taper - d'ailleurs mon sidekick redneck maboule devient le premier expulsé d'un jeu pour avoir fait un coup de pied pas classe dans les genoux. A la fin du challenge, l'un des mes compères, le vieux cuistot qui a encore plus de bide que moi se sent pas bien et fait un malaise. Hop, intervention médicale, il se fait sortir de force, il a plus de tension. Bon pas grave. De retour au camp, c'est le bazar. Le gameplay fait qu'à chaque jeu, les perdants "capturent" un gus d'en face pour qu'il observe un peu et pour qu'il chope un indice vers l'immunité cachée (ce qui me fait bien rire) et la fille d'en face est foldingue, ils se volent dans les plumes et sortent des remarques racistes, des histoires de sandwich au ketchup je sais plus trop quoi. Dommage qu'on perde aussi l'immunity challenge, encore. Ma nouvelle cible? La flic qui OSAIT pas me croire. Toute menace doit être sys-té-ma-ti-que-ment virée. Et ça remarche! Sortie de Numéro 18. Troisième round, on continue de perdre comme des porcs ET le confort ET l'immunité, du coup je suis obligé de sacrifier mon second qui fait chier tout le monde, autant surveiller un peu mes fréquentations. Bon, ça commence à devenir un peu chaud là, on est 6 contre 10, et effectivement mon plan à l'air de bien marcher, je suis toujours là.
Le quatrième tour sera enfin le bon pour éviter le conseil une fois. Du coup, les jusque là très invisibles mauves (normal, l'attention était portée sur moi) on enfin un peu de quoi cogiter et virent la fille aux commentaires limites. C'était qu'une pause dans nos emmerdes à nous, les jaunes, puisqu'il pleut pendant des jours et des jours, on a les doigts qui tombent car avec nos défaites au confort on a aucun objet pour se protéger. C'est sans moral aucun qu'on re-perds les jeux suivants et je me démerde pour virer la seule petite idiote qui me croyait complètement dans mes plans machiavéliques. Une blonde en moins, quoi. En tout cas, on est plus que 5 contre 9 et l'avenir est pas super radieux.

Au jeu suivant le lendemain, Jeff nous sort un TWIST sorti d'une de ses éternelles chemises : les deux équipes doivent sortir quelqu'un. Le jeu ne déterminera que celle qui mangera une bonne grosse pizza devant le conseil adverse. Qu'à cela ne tienne - l'autre Russel, le mauve, à la bonne idée de quasi-mourir pendant le jeu, sans que personne ne s'en rende compte puisque tout le monde avait les yeux bandés. Intervention héroïque du présentateur, et le gus fait un encore plus gros malaise que son prédécesseur, yeux blanc et tout le toutim dans une scène assez effrayante à voir à la télé : l'ami Probst a bien flippé sur le coup. Conseil annulé, un mauve en moins, c'est toujours ça de pris, mais ça nous empêche pas de continuer à perdre et de voter, une fois de plus, une fille qui me faisait pas confiance.

Nous sommes donc 4. Moi, ma blonde alliée qui me jure sa loyauté sur une pile de bibles, le gentil médecin leader du début et le black BCBG qui arrête pas de parler d'abandonner. Mais voilà la MERGE, la réunification quoi. 4 contre 8, hé ben les gars y'a du boulot. A partir de là, tous les sortants forment le jury qui, au final, votent pour le gagnant et son million.


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Les deux camps arrivent sur la même plage et festoient joyeusement. Bon, les 8 Galus restants... un mec super bizarre que tout le monde semble apprécier, un autre très sûr de lui, le rocket scientist et un petit jeune que la caméra semble complètement ignorer. Parmi les filles, y'a une folle de Dieu, une autre blonde coiffeuse, une barge sortie des années 80 et une petite porto ricaine. Bien sûr, officiellement, ils vnt tous nous virer un par un mais en laissant traîner mes oreilles je pige rapidement qu'ils veulent se reposer un peu sur leur avance et dégager leurs propres compères qu'ils pouvaient pas saquer. Owi owi, quelle bonne idée, je les encourage dans cette affaire. OH Dommage la fille visée gagne l'immunité, c'est pas grave l'attention se tourne vers le petit arrogant mauve qui pense tout contrôler. Et ça marche! Il sort, SON immunité cachée en poche. 4 contre 7, mais à ce stade je suis grillé, j'ai utilisé la mienne avant le vote, inutilement. Tout le monde a pigé que j'étais pas net.
Au tour suivant, je gagne pas l'immunité et aucun jaune non plus. Du coup, je recommence à chercher comme un dingue, et je REtrouve le collier mirifique remis en jeu, toujours sans indices. Faut croire que les mecs de la production aiment mon petit manège ou alors sont juste un peu bourrés. Je suis méga visé au conseil à 11 qui vient. Du coup je laisse passer, je mobilise mes troupes et je sors le précieux sésame avant le vote qui affichait 8 bulletins à mon nom. Génial, tout le monde est sur les fesses et la coiffeuse se fait idoler la face et devient la numéro 10. Quatre contre sept, on y arrive, doucement mais sûrement.

Ca en devient ridicule : une nouvelle idole est remise en jeu, je profite de l'indice que je récupère de manière subtile et je trouve ma troisième immunité cachée. Je suis un génie, les autres sont des petites bites, ils font juste semblant d'essayer de me devancer... Toujours plus loin dans les bons présages : la fille au mullet semble m'adorer et veut sortir depuis longtemps la foldingue catholique fan de Sarah Pallin. Came semble évident mais le fait que je récupèrecomme ça une alliée d'en face que personne n'aimait, c'est juste mirifique. Je ne bronche pas et je fais comme avec tout le monde : je lui promet de l'emmener jusqu'au bout. Au vote suivant, ça passe presque, c'est 5 contre5. La règle est claire, si un deuxième vote sans les concernés ne donnent toujours rien, c'est tout le reste qui risque sa tête sur un coup de hasard. C'est le petit ingénieur mauve qui flippe et qui change son vote au deuxième tour en faisant sortir numéro 10 et ses idées reçues. Jeff Probst en croit pas ses yeux et nous appelle le "Foa Foa Foursome", étonné par cette minorité qui commence à envoyer tous ses opposants dans le jury final. On est toujours tous les quatres, coudes à coudes, et y'amême une taupe dans l'équipe adverse. On l'apprivoise et là suite semble tellement facile... je ment à un mauve, lui dit que je vote avec lui, et on le fait sortir. Hop numéro neuf le physicien. Hop numéro huit le mec bizarre qui a toute une base de fanboys sur internet. Hop numéro six la petite chiquita. Cette fois, j'ai du mettremon idole autour de cou pour faire un peu le show, c'est passé. C'était la dernière occasion et je l'ai même pas jouée, ça me fera un petit souvenir.
Il reste que deux ex mauves, le mec complètement invisible et mon alliée que je déteste en secret, comme tout le monde.


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C'est le petit inconnu aux T-Shirts moche qui gagne son ticket pour le prochain tour cette fois. Je me retourne donc vers ma miss Marine en faisant le boulot habituel "oui, bon, allez je vous offre un jaune" et elle sort sans voir venir grand chose.
On est là tous les quatre avec ce gamin qui a du faire des alliances avec tout le monde de son coté mais qui voit systématiquement ses copains aller sur le banc des observateurs. Merdum, le voilà qui continue à gagner les jeux et à sauver sa peau. Je mobilise ma petite Barbie et on sacrifie notre petit BCBG, qui va aussitôt remettre ses lunettes et son pull Lacoste.
Jour 38, déjà l'heure du dernier immunity challenge... on empile des bouts de plastiques surmontée par une statuette phallique. Mes deux compadres sont les deux premiers à perdre, je suis bien obligé de gagner sinon c'est probablement moi qui va sauter. Après toute cette monopolisation, ces discours diaboliques, ce parfait esprit de foutage de merde volontaire, ce serait dommage de se faire niquer au dernier tour! Duel épique donc qui se termine favorablement pour moi, au terme d'une séquence mémorable ou moi et John Doe manquont de perdre vinq-cinq fois de suite. C'est donc ma pomme qui a le précieux collier salvateur, pour la dernière fois. Quel symbole! J'ai commencé par tout perdre, puis j'ai emmené ma petite minorité jusqu'au bout. Le dernier mauve tente bien sûr de foutre le bazar et de sauver sa peau mais personne n'est assez fou : les sept huitièmes du jury sont ses potes. C'est donc le dernier à se prendre un "Tribe Has Spoken" dans la face et à se faire éteindre sa torche.

Moi, Barbie et le gentil médeçin sont donc le Final 3, les trois gus soumis au vote dont je rêve tant. Mais quelque chose merde... au conseil final justement, il y a comme une couille dans le potage : tout les jurés semblent TRES TRES aigris du fait que je les aie niqués un par un, sans que personne ne bronche. En plus, Barbie fait du ouin ouin parce qu'elle a quitté son boulot afin d'intégrer le jeu... bon à coté d'un médeçin ca la fout mal, mais j'ai merdé en disant que je m'étais fait un tas de pognon l'année passée pour gagner la confiance d'une future victime. Les deux autres plaident leur cause n'importe comment, mais je suis méga sûr de moi, même si tout le monde m'engueule je sens que c'est dans la poche.

Nous sommes le 21 Décembre. Les producteurs ont bien kiffé mon personnage puisqu'entretemps j'ai tourné dans la saison best of, Heroes VS Villains, ou j'ai fait une team avec 4 autres mecs qui ont eux aussi complètement volé l'attention sur leurs propres saisons. Je suis là, en live à New York, Probst commence à faire le dépouillement final. En même temps, 5 internautes français, EK,
Arez, Lexlama, Nemotaku et Concombre Masqué (qui lui priait pour le gentil médecin) espèrent ma victoire, ne serait-ce que pour justifier tout le battage que j'ai provoqué. D'ailleurs, faut bien l'avouer, j'ai sacrément bien joué et personne n'a rien branlé à coté.

Après deux votes à mon nom, C'EST LE DRAME.


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Je suis DEUXIEME. PUTAIN DE DEUXIEME. Surpassé par la blondasse qui ne faisait que me suivre et qui me faisait un vote supplémentaire. Je passe tout le reste du direct à faire la gueule, même si j'ai les 100 000 dollars du deuxième et les 100 000 autres dollars décernés via un vote sur Internet. Je gueule dans mes interviews, j'insulte tout le monde, je suis purement et simplement dégouté, au même titres que tout l'Internet qui crie au scandale après l'une des gagnantes les moins méritantes du show.

CETTE HISTOIRE DE FOUS!


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Et pendant ce temps, Concombre s'envole pour les USA... en espérant rentrer vivant.
Par Concombre Masqué - Publié dans : Télédérision - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 16:33
"Bon alors voici les catégories que vous n'avez pas fait rire l'an dernier. Les docteurs n'ont pas ri. Les Juifs n'ont pas ri. Les amateurs-de-belles-chansons-françaises n'ont pas ri du tout à vos ... amuseries et les antisémites n'ont pas ri.



CE QUI EST DOMMAGE!



Regardez...vous aviez un moyen!"


Cette vanne m'a fait rire en boucle pendant une journée. Elle est toute conne mais elle m'a déridée - et ce n'est pas évident.
Ce sont deux des secrets les moins bien gardés du monde : j'aime m'empiffrer de merde à la télévision, j'oserais même dire que je suis un télécoprophage avoué. De deux, j'aime bien les cérémonies. L'aspect costard cravate, tout le monde qui se paluche joyeusement, l'aspect "remise de prix" hein.
Du coup, à la mort des pas du tout regrettés Sept D'or, une bande de joyeux drilles se sont dit "Hé les gars, on va faire un contre évènement, on va remettre les prix du pire de la télévision et les entrecouper de sketches". Bon évidemment ils n'ont pas fait de brainstorming pour ça, d'une part parce que je doute qu'ils adoptent mon vocabulaire débile et métaphorique mais surtout parce que les premiers Gérards étaient ceux du cinéma.

Bah oui, vous savez, récompenser le pire est un réflexe Etats-Unien à la base. Bon comme nous sommes tous des gens un peu décalés, on aime et on a déjà probablement participé à une contre-cérémonie mais l'origine de tout ça sont les Razzies Awards, les contre-oscars, qui décernaient un prix aux plus belles bouses du Box Office US. Je me souviens notamment d'un prix décerné à Halle Berry pour la version Pitoff de Catwoman. Mauvais souvenir, bref - et attention noms à retenir pour la suite -
Fred Royer, Arnaud Demanche et Stéphane Rose ont donc imaginé et organisé les Gérards du Cinéma, diffusés pour la première fois en Mai 2006. A l'époque, c'était surtout Iznogoud et toutes les personnes ayant plus ou moins contribué à ce chef-d'oeuvre qui s'en étaient déjà pris plein la gueule. Et déjà à cette époque, dans la catégorie
"
Gérard de la plus mauvaise actrice qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari" Arielle Dombasle était déjà la seule nommée, naissance d'un running gag céleste et aérien. SOLAIRE je dirais même.

Du coup, en décembre, rebelote mais pour la télévision, et personnellement je trouve ça bien plus truculent, vous comprendrez aisément pourquoi. Disons que pour simplifier il y a beaucoup plus à trier, et proportionnellement beaucoup plus de trucs navrants. Et les Gérards (d'ailleurs pourquoi les Gérards? C'est sensé incarner le nom moche par excellence? En opposition avec César qui est sensé incarner le charisme labial? Pff passéisme) de la Télé sont devenus un rendez vous incontournable, un petit point de repère qu'on attends un ou deux mois avants.

Deux fun facts : les Gérards de la Télévision c'est le deuxième Lundi de Décembre. Du coup, c'est un rendez vous qui évoque Noël, la fin d'année, les paillettes, les sapins, bref une certaine euphorie à regarder en famille, le Dimanche au coin du feu. Pour les rediffusions, j'entends. Ce que je veux dire, c'est que ça représente un état d'esprit. C'est la joyeuseté, la rigolerie, on évacue gentiment l'année qui vient de s'écouler. Un point de repère quoi. "Quoi? C'est déjà les Gérards? On est déjà en Décembre? Quoi c'est déjà le salon de l'Agriculture et on est en Février? Quoi déjà la fête de la musique? Quoi nous sommes déjà en 2027, et je suis au deuxième tour des présidentielle à la tête du parti des Branleurs Géniaux contre un Amo au leadership des Géniaux Branleurs?" C'est fou comme le temps passe vite, et les Gérards vous le rappellent un peu, ils sentent bon le (sac à) sapin.
En plus, c'est une cérémonie jeune. La première datant de 2006, c'est la quatrième mouture qui vient de s'achever. Le problème c'est que je me disais déjà ça en 2007, je pensais déjà que c'était la troisième ou quatrième. Bref un petit paradoxe temporel qui reviendras probablement l'année prochaine...

En tout cas il est de mon devoir de me sentir investi dans cette cérémonie en temps que futur rubicard de Télérama dans la chronique qu'on appellera "Dans votre choix de programmes, faites ce que je dis, pas ce que je fais" dont j'ai eu la d'y assister live au théâtre Michel, l'année précédente grace à un fabuleux piston surprise - et je dois dire que j'ai bien lolé. Merci aux trois animateurs déjà, qui s'appellent affectueusement par leurs noms de famille.

Les Gérards de la télé, c'est plusieurs choses. Les deux animateurs, Royer et Demanche, ont des têtes de gondole assez irrésistibles. C'est aussi un décor qui vous évoquera les meilleurs moments de Zelda Ocarina Of Time (et là si vous pigez cette phrase et que vous n'étiez pas sur IRC, chapeau) et un humour qui détartre, qui décape. A la base, les intitulés des parpains d'or ne sont jamais les mêmes, cultivent l'énoncé délirant ou outrageusement longs. Pour prendre quelques petits exemples simples :

Le Gérard de l'épisode le plus palpitant des chiffres et des lettre


- L'émission du 23 septembre 2008, qu'on a tous en mémoire

- Le 19 avril 2008, quand Laurent Romejko a malicieusement dit à Bertrand Renard « Merci, Bertrand » et que celui-ci a rétorqué « De rien, Laurent »

- Le 8 mai 2008, lorsque Laurent Romejko a demandé à Bertrand Renard : « Est-ce que le mot "enculer" est accepté ? » et que Bertrand Renard a répondu : « Je sais pas, moi je fais les chiffres »

Le Gérard du maboule (gagné par William Lemergie, disputé par Marine Méchin et Armande Altaï... grand souvenir)

Gérard de l'accident industriel, mais vraiment le gros crash, tu vois, avec un animateur arrivé en fanfare au mercato, puis qui fait sourdine à l'audimat, d'ailleurs, il n'y a plus cru lui-même dès le deuxième numéro, et tu te dis que le pilote devait être vraiment génial, parce que quand on pense au prix qu'elle a coûté, cette connerie, y a de quoi se la prendre et se la mordre (osef les résultats, l'intitulé et l'expression finale sont ultimes)

Etc. Jusqu'à nommer Pascal Sevran pour la catégorie "animateur dont on a ignoré la disparition", c'est no-limit. Enfin... pas tant que ça puisque pour cette année, l'hypothétique catégorie du Gérard du noir qui fout la honte aux autres noirs a été supprimée, ce qui aurait valu à FX de Secret Story un beau parpain dans le soulagement général. De l'humour, des intitulés foireux, des récompenses à la pelle, toujours les mêmes gugusses de M6 dans la fosse, j'étais fin prêt pour cette édition 2009.

http://television.portail.free.fr/actualite/10-11-2009/les-gerard-de-la-television-2009-les-categories-et-les-nommes/Les-Gerard-de-la-television-2009-Les-categories-et-les-nommes_reference.jpg

Petit détail qui vaut son pesant de cacahouètes, que je n'ai pas encore précisé : c'est souvent assez, voire très drôle. Les sketches sont basés sur l'actualité télévisuelle merdique hein, tout ces petits marronniers médiatiques qui nous ont pompé l'air toute l'année durant, eux en font des petits passages amusants. La cérémonie conserve une certaine fraîcheur, une certaine spontanéité, c'est fait sur un espace très réduit, avec peu de moyens et diffusés seulement sur Paris Première. C'est assez nébuleux voire confidentiel et ça ne fait que bonifier le truc. Enfin... des gens commencent à venir chercher leurs récompenses et c'est fatiguant. Par exemple, cette fois Patrick Sébastien était nommé pour la catégorie du "Mec qu'on confonds toujours avec un autre animateur", il ne l'a pas gagné et est quand même monté sur scène pour gesticuler un peu dire dire n'importe quoi - il a TELLEMENT pris son temps qu'aun final on verra jamais "Un dîner presque parfait, spéciale Corse" se voir décerner le prix de la "Meilleure Emission où on mange des vers. Damn, Patrick. Taggle un peu.

Je disais donc, cette fois j'étais paré pour le premier visionnage en direct, pour le coup j'avais recruté deux ou trois autres intéressés pour un matage joyeux et collectif. Le bilan de cette courte soirée? (Oui, court, souvent autour d'une petite heure) Toujours plus loin dans l'esprit. Je veux dire, les choses sont approfondies dans la mentalité du truc. Les deux animateurs sont toujours aussi charismatiques (surtout celui qui a une tête très ovale là quel homme!) des interventions qui n'ont aucun sens (des morceaux de danse typique, tout le globe y est passé, même le pays des furrys) et surtout, surtout des vannes toujours plus méchantes. Notamment un discours de peluches qui lèchent le gouvernement (ho suggestion) et autres typologie de la critique lambda de bouquin faite par Eric Naulleau. Bon TOUT n'était pas super drôle mais quand on y met un minimum du sien, c'est tout de suite plus ludique, surtout quand vous commentez à plusieurs.
Cette année, les récompenses qui m'ont fait un bien fou :

- Gérard de la pire imitation d’un accent étranger par Tex dans les Z’amours (l'accent Camerounais "Ah didon je vais te manger là didon!)
- Gérard de l'émission censée être humoristique mais pendant laquelle tu rigoles encore moins qu’avec une Théma d’Arte sur les camps de concentration (la météo de Pauline Lefebvre)
- Gérard du meilleur Costume (Ariel Wizman pour l'ensemble de son oeuvre)
- Gérard de l’animateur à qui plus personne ne veut faire la bise parce qu’à force de lécher le cul de ses invités, il a une haleine de tout à l’égout (Michel Denisot pour le Grand Journal)

Ces trois derniers, j'en faisais une affaire personnelle, je les ai eu, je suis content.
Ou aussi, bien rigolos dans leur genre :

 - Le Gérard qu'on aimerait remettre à Thierry Ardisson (Le Gérard de l'animateur qui se glorifie tous les dimanches de fumer des gros oinj' d'africaine parce que ça lui fait oublier qu'il a 60 ans. Soixante, eh oui. SOIXANTE.) Dit avec le ton adéquat, ça tue.
 - Le Gérard de l'émission d'Arte dont on pige pas le nom, quand bien même il est même pas en Allemand (Les Chevaux du Toit du Monde) ... und so weiter.
Et bien entendu, dans la catégorie de "L'artiste qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari", Arielle Dombasle était seule nommée pour la huitième fois, mais à réussi l'exploit d'avoir chopé le trophée pour la HUITIEME fois. Bien joué Arielle.

Et toutes les émissions sont disponibles pour Paris Première!
C'est fabuleux, je vous invite à vous imprégner de cette ambiance caustique, glacée et sophistiquée et d'être fidèle au poste pour l'an prochain. Tout ça pour vous dire quoi. Ben, ça ne m'empêchera pas de refaire début 2010 un post qui décernera des Concombre Awards, mais cette soirée aura peut être abouti à une autre remise de prix. Malheureusement, elle ne concerne que l'actualité de la blogosphère otaque mais c'est quelque chose de prometteur. Je vous en reparle bientôt.

Par Concombre Masqué - Publié dans : Télédérision - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 21:50


… est la meilleure série jamais faite. C'est un jugement tout à fait objectif, je l'annonce cash, et ce serait vraiment sympa de me prendre au sérieux sur ce coup là. Les passions, ça va, ça vient pour tout le monde, on pense toujours que le truc qu'on vient de finir est révolutionnaire et surclasse sans souci tout ce qui a pu être visionné avant (j'ai pensé ça pour Nip Tuck un temps, tout est possible) mais comprenez moi bien : je suis dans cet état d'esprit et je soutiens cette affirmation depuis 3 ans. Une trentaine de mois où je suis toujours sur le choc, un peu endeuillé de n'avoir plus de petites tranches de vie de la si attachante famille Fisher. Du coup, me suis dit qu'il serait temps que je fasse un vrai post là dessus, la dernière évocation du bouzin datant d'un top 10 un peu trop nébuleux... alors essayons de clarifier quelque chose : pourquoi Six Feet Under est, et restera pour longtemps ma série préférée?

On va faire un rewind à la DJ Hero et revenir en 2001, année de la création du plus beau show jamais abouti. Allan Ball, scénariste du déjà très voilà American Beauty perds sa soeur dans un accident de voiture. Il va écrire un pilote assez cathartique sur une famille de croque-morts qui, au lieu de côtoyer la faucheuse comme elle le fait tout les jours, va y être confrontée frontalement. Il plaît, est diffusé sur Home Box Office (payante, donc alerte qualitaÿ) et cinq saisons sont signées jusqu'en 2005, Ball préférant arrêter la série avant une éventuelle baisse de qualité, grand bien lui fasse. Diffusion timide sur Canal vers 2003, puis c'est France 2 qui prends le relai à deux heures du matin, suivie de près par Jimmy. En gros, pour mater SFU il fallait soit être riche voire très courageux, soit avoir un magnétoscope et des VHS vierges, ce qui nous montre déjà à quel point cette série est faite pour l'élite! Du coup le synopsis me plaisait déjà pas mal, puis il y a eu cette fameuse grosse mode des séries ricaines vers 2005-2006 qui accellerait cette volonté de s'émanciper un peu des production bourrines. Du coup, quand l'intégrale DVD se pointe avec sa grosse pierre tombale (la version ricaine est mieux, c'est carrément une motte de terre avec du faux gazon dessus) je me dis que je vais travailler un peu au black pour allonger les 200 brouzoufs pour l'achat culturel du siècle. J'aime mon instinct, il me trompe rarement : je n'ai pas été déçu, quand bien même je m'étais déjà tapé pas mal de gros spoilers. Globalement, je savais pourquoi et comment quelque chose de grave allait arriver, et je regrette vraiment de ne pas avoir eu la chance de parcourir la série « normalement » comme vous allez, je l'espère de toutes mes entrailles puantes, le faire. Il restait la forme, et la découvrir était déjà une satisfaction en soi, et mon année de Terminale - période de crise d'ado un poil tardive - à surtout été ponctuée par le long matage de cette série assez magistrale. Le regard après coup varie selon les personnes : j'étais pas très à l'aise à cette période, ça m'a aidé à relativiser un peu les choses – par contre ma soeur me dit que ça la déprime mais elle en redemande. C'est toute une expérience...





Et là et là et là c'est le synopsis mais vous le connaissez probablement déjà : la famille Fisher trône dans une belle et grande maison à Los Angeles. Une famille relativement normale qui se distingue par la singularité de l'entreprise familiale : ce sont des thanatopracteurs. Les Fishers semblent très froids, très protocolaires et distants – ils sont juste un peu blasés avec ces cadavres qui s'enchaînent partout. Le pilote commence au Noël de l'an 2000, Nathaniel Senior va chercher à l'aéroport Nathaniel fils, l'aîné délocalisé à Seattle. Pas de bol, l'envie de fumer une clope va lui valoir le fait de se prendre un bus dans la face, et la mort par extension qui est offerte pour les membres du club de la vie. Du coup, le pilote raconte la façon de gérer la mort du patriarche (un gimmick chez Alan Ball) selon les autres membres de la familles, je reviens plus tard sur la description des persos. Après, de manière générale, les storylines s'installent chez les Fishers :

L'aîné va surmonter sa phobie de la mort en essayant de reprendre le commerce, en partenariat avec son frère qui a déjà assez d'emmerdes pour cacher son homosexualité à sa très carrée et catholique mère. Cette dernière, devenue veuve, va culpabiliser car elle venait juste de rompre une fidélité de très longue durée. De son coté, la petite dernière vaque à sa petite vie lycéenne... et le show est mis en parallèle avec la vie mortuaire des Fishers.





Normalement, vous connaissez le gimmick : chaque épisode commence sur la mort d'un quidam. Mort ridicule, dramatique, comique, aléatoire voire cruelle ou soudaine, toutes les combinaisons sont envisagées et les scénaristes se lâchent. Ce mort sera toujours mis en rapport avec l'épisode qu'il introduit (le plus souvent en étant le client de la Fisher Family) et apportera quelque substance aux thématiques qu'il aborde. C'est un running gag assez sympa, chaque épisode commence sur un fatalité parfois flippante : il VA y avoir un drame, quelqu'un va y passer, puis affichage de la date de naissance/mort et le nom du quidam. Si vous vous demandez pourquoi les liens du blog sont ce qu'ils sont, vous avez la réponse, c'est un hommage. Bien sûr les scénaristes jouent avec ce principe : un épisode peut s'ouvrir avec pour premier plan le visage d'un perso connu voire TRES connu. Du coup, on flippe. A tort? A raison? Ca dépends... mais croire qu'une tête est immortelle car bien plantée dans notre esprit serait un peu neuneu. Ca ne marche pas dans la vraie vie, nom?

Du coup, cette teinte de blanc et les fondus qui vont avec seront vos pires ennemis! Que ce soit en guise d'introduction ou en milieu/fin d'épisode, ces petits fondus font partie intégrante du show. Et parfois, l'apparition d'un épitaphe fatal et définitif peut être une réelle crainte... et le show joue un peu avec ça. Souvent pour rire noir, parfois pour faire pleurer ou émouvoir. Mais attention : j'insiste sur ce gimmick « un épisode, un mort » uniquement pour teaser un peu, car il faut bien comprendre que ce n'est qu'un infime partie du show. C'est un peu ce qui m'a donné envie de regarder la série, parfois je me spoilait même juste l'intro de l'épisode d'après, gratuitement. C'est que la partie immergée de l'iceberg... mais c'est souvent ce qui donne envie.

La construction du show et son format sont à l'image de ses personnages : très carrés. Chaque épisode comment par son petit sacrifice rituel, long plans séquences, fondus aux blancs, générique. C'est presque routinier, seul le pilote se cherche un peu vainement en insérant des très cyniques fausses pubs pour produits mortuaires le long de cette longue et intense introduction.





On ne sait trop jamais sur quelle pied danser. C'est une série dramatique à la base, ce qui n'empêche pas quelques pointes d'humour noir, de petites envolées de dialogues voire des séquences carrément hilarantes mais le show est globalement pesant. Y'a qu'à voir son générique, assez épatant faut dire, qui suit la progression d'un corps, de la séparation symbolique à l'embaumement, en parfait synchronisme avec la très dissonante composition de Thomas Newman. Toujours ce fameux corbeau (les oiseaux en général sont souvent chargés de symboles dans la série) qu'on retrouve dans les sublimes teasers, un pour chaque saison, tournés à part. Et ça c'est foutrement fantastique : non seulement le show en lui même est élégant mais il cultive cet art du bonus, cette construction volontaire autour de la série, et tout ça dans le plus parfait des sens esthétiques et musicaux, c'est juste parfait, parfait.

Okay, maintenant on s'attarde un peu sur les acteurs de ce petit drame qu'est la vie de tout les jours. Nate Sr a beau avoir une durée de vie de 5 minutes dans le show, ce petit homme d'affaires cynique à un rôle primordial dans le show, limite en tant que conseiller spirituel. Il réapparaîtrait ponctuellement pour faire un peu le commentateur blasé, le coryphée de la divine comédie. Son fils aîné, Nate, est un peu le seul homme sain dans la maison. Charmant, beau gosse, plutôt intelligent, il s'est barré jeune de la maison familiale pour aller se réfugier loin de ce commerce morbide qu'il va reprendre malgré lui. Il va chercher à se construire autour de la peur de la mort et va se trouver une catharsis en la personne de... (attention Crowning personnage of awesome) Brenda Chenowitz. Il se sont rencontrés dans l'avion, ont sympathisé et ont fait des choses peu conventionnelles dans le placard à balais de l'aéroport, où Nate va recevoir le fameux coup de fil qui va ruiner l'ambiance. A partir de là s'installe une relation incroyablement complexe qui raviront les fans de personnages féminins compliqués (c'est la femme de ma vie <3) Brenda, au delà de cette apparence de chaudasse, est une femme incroyablement tordue, torturée et intelligente. Ses parents sont psys et libertins, son frère est détraqué mentalement, bref sa vie n'est pas simple et sa manie de tout conceptualiser lui plombe pas mal de choses. Femme compliquée mais femme incroyablement fascinante! De retour chez les Fishers, on trouve David, le cadet, total opposé de Nate car David est très froid, très introverti, limite monolithique et tente tant bien que mal de cacher sa relation avec Keith, le policier avec qui il ne fait pas que jouer au squash. L'objet des craintes de David : Ruth, la mère control freak. Mariée très jeune, elle n'est pas non plus très à l'aise avec les choses de la vie, et la problématique du couple ne va pas être effacée avec la mort de son mari, bien au contraire. La petite dernière, Claire, a toujours ce sentiment un poil artistique de ne jamais être à sa place, d'être en décalage avec tous, bref elle ne se sent pas à sa place et à du mal à mener une vie tranquille, surtout après s'être entichée d'un bad boy pas toujours très stable (vous savez, le mec de 24 saison 6 qui fait le malin dans la CTU et se prends une bastos) bref le passage à la vie adulte n'est pas évident. En parralèle à tout ça, on ajoute Federico, le jeune apprenti de la famille, un poil débordé avec sa femme, ses gosses, et son opportunisme latent qui prendras le dessus au fur et à mesure de la série.





Tout ça, bien sûr, c'est le casting et les storylines de bases, pour la première saison. Le casting évolue, s'affine, s'étoffe (Lisa. Mais Lisa quoi) et les personnages ont le temps de se construire sur ces cinq ans. Ruth fait preuve de progressisme, David se lâche, Nate raisonne, Claire grandit, tout simplement, le show est totalement différent à son commencement et à sa fin, on peut même démarquer deux périodes : les deux premières saisons qui forment un premier arc global, puis une grosse élipse temporel et un passage au 16/9 plus tard les repères sont un peu bouleversés, le téléspectateur est un peu perdu... c'est une nouvelle période du show qui commence.

Les personnages évoluent, au sens propre du terme, ils se cherchent, se trouvent, font des expériences, ils subissent. C'est un peu carré aussi, chacun à sa storyline un peu définie à chaque saison. Ces gens là cohabitent malgré tout, et leur problèmes ont souvent un rapport avec le mort du jour (un crime homophobe pousse David à rester dans le placard, pour prendre l'un des exemples les plus obvious) les Fishers papotent dans leur cuisine, regardent des conneries à la télé comme nous et luttent contre leurs névroses. Ces gens là sont tellement attachants qu'ils en deviennent une sorte de famille alternative...

Les différentes situations, hormis le fait qu'elles sont assez glauques de réalisme et résolument glauques sont un peu fournies par l'aspect globalement très libertaire et « prise-de-risques » du truc. Au final, les thèmes abordés ne sont pas si saugrenus : la mort bien sûr, mais aussi et surtout la famille, la communication, la vie, l'amour. Ca fait ligne facile de Beigbeider mais c'est ça. Le show se permet une figure de style récurrente : d'une part, les morts sont l'un des principaux acteurs de la séries, et n'hésitent pas à réapparaître pour communiquer avec les vivants. Ces derniers sont-ils en plein trip, en plein rêve, en plein fantasme? C'est toujours très ambigu et laissé libre à interprétation. En tout cas, la mort signifie faire partie du coeur de la tragédie antique, être omniscient, omnipotent et surtout c'est adopter un ton très cynique. Dans Six Feet Under, les morts peuvent être très méchants, mais ils veulent toujours notre bien. Je pense au patriarche qui reviendras très souvent pour communiquer avec ses enfants, dans des passages toujours très intenses de tristesse/réchauffement-de-coeur/humour... mais les vivants eux-mêmes sont assez chtarbés et ont tendance à prendre leurs fantasmes un peu trop au sérieux. De temps en temps, un perso rêve un peu et s'imagine leader de groupe de rock, monte sur le bureau et commence à chanter n'importe quoi, bref des tas de petites rêveries sont retranscrites à l'écran pour le plus pur effet comique. Parfois, ces fantasmes sont justes déchirants aussi, bref ils nous aident un peu à lire les personnages... ah si on pouvait faire ça en vrai aussi. Ce serait terrible et formidable.

D'autre part, les persos partent souvent en bad trip. La consommation de stupéfiants divers est monnaie courante dans SFU, et les voyages cosmiques que subissent les personnages sont souvent... criants de sens. Voir la mort incarnée par un vieux grincheux s'accoupler avec la vie, representée par une grosse mama negrita autour d'un jeu de dames chinoise et quelque chose de relativement génial. Les persos sont souvent stones, encore plus quand il s'agit de faire des dîners de familles, moments toujours extrêmement hilarants chez les Fisher... et vous savez ô combien ce postulat de base est aléatoire dans nos vies. Je résume l'idée : le show se permet quelques libertés de rêveries/trips/fantasmes, pour le meilleur, toujours. On va pas hésiter à lâcher le mot bien cliché : c'est une série ONIRIQUE.




Après la série est globalement très lourde. L'ambiance est morne, lente, on est loin des séries d'action, ici chaque mot est réfléchi, pesé, subi par tout le monde. Tout est si réel, si authentique, une sorte de réalisme romancé qu'on ne trouve pas ailleurs : les personnages sont criants de vérité, ils en débordent tellement que ça en devient scandaleux, c'est un drama réaliste. Se lever tout les jours est quelque chose de terrifiant, l'avenir est un concept pas toujours valable, les gens sont intelligents, parfois cons, souvent instables, bref ce show est surtout réussi grâce à sa justesse extrême, c'est une retranscription qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Ce qui ne le rends pas chiant pour autant! Au début, le format HBO de 50 minutes peut rebuter, surtout que les 2-3 premiers épisodes peuvent paraître un peu lents. Mais ce serait se priver de quelque choses, de temps de moments épiques... et atroces aussi. La série est TRES TRES pesante. Parfois lourde, parfois incroyablement difficile à regarder. Pourquoi? Les personnages prennent cher. Tous. C'est la vie, on en chie tous, eux aussi, et cette douleur latente chez les Fishers est parfois insupportables, surtout quand les coups durs s'accumulent. Ainsi, certains épisodes sont démentiellement difficiles à regarder. Je pense au 3x13, au 4x01, et aux 5 derniers épisodes de la série qui sont une torture mentale tant tout paraît triste et insupportable à vivre. Mais, hé, c'est le jeu, et parfois des petites enfilades surprises peuvent mettre mal à l'aise. Je vous jure qu'après SFU vous ne prendrez plus jamais un auto-stoppeur.

 

Et surtout, surtout, attention. Le show dispose de la meilleure fin de série JAMAIS FAITE. On ne fera jamais, JAMAIS mieux que les 9 dernières minutes de Six Feet Under. J'ai été très con encore, je me la suis spoilé et je regrette à fond. Même si le show ne vous intéresse pas, n'allez pas faire une recherche youtube, vous le regretterez, mais s'il vous plaît, n'appuyez pas sur le gros bouton rouge que je viens juste de vous offrir, vous comprendrez immédiatement l'ampleur du gachis. Je n'ai pas eu la chance de le découvrir normalement et bordel je regrette. Dommage que la télé foute « Breathe Me » de Sia partout à tort et à travers depuis.


Ce « réalisme romancé » apporte quelques longueurs inhérentes mais c'est un tout petit prix à payer car tout, strictement tout est luxueux. Les acteurs sont bons. Très bons. Prenez Michael C. Hall, c'est un homme complètement différent dans Dexter, et on ne fait presque pas le rapport entre les deux rôles. Lauren Ambrose et surtout Rachel Griffith sont très GAR, et le pauvre Peter Krause restera probablement bloqué à vie sur le rôle le plus tragique de sa filmo. Le plumage est tout aussi sympathique : bande son assez discrète, le tout est assez discret silencieux mais on hésite pas à foutre une bonne plâtrée de groupes calmes et britanniques, comme Death Cab For Cutie, Radiohead ou Coldplay, des trucs toujours très calmes pour coller à l'ambiance posée et intellectuelle de la série. D'autre part, la photographie, les dialogues, les décors (LA, mais aussi Las Vegas le temps d'une virée épique, Seattle) sont parfaits, tout est parfait dans ce show et c'est tellement difficile de partager cet enthousiasme, car trop louer quelque chose le rends suspect... mais oui, c'est un show immaculé. Et SOLIDE.

Cinq saisons, 13 épisodes d'une heure, c'est gros. La série est dense, c'est pas un anime de treize fois ving minutes. C'est toute une histoire, une grande mythologie, cinq ans de bribes et des névroses. Les persos grandissent, évoluent, apprennent et nous aussi : mater tout ça prends une dimension cathartique. C'est dur, c'est douloureux, c'est pesant, mais ça fait un bien fou.

Le meilleur produit culturel que j'aie jamais eu la chance de mater. Du coup... oh mais non que vois-je... mais oui! Il arrive, probablement pour la seule et unique fois, sauf révélation supplémentaire!




Au final, j'en ai très peu dit, maintenant c'est à vous de voir si, éventuellement, j'ai un peu attisé votre curiosité. Difficile de résumer autant quelque chose d'aussi dense, dont la vision est si aléatoire et dépends de votre humeur du moment. A 16 ans, je l'ai matée sans exprimer grand choses mais les rematages, en ayant la cohérence globale de la série en tête se fait toujours au bord des larmes, c'est quelque chose à vivre, indispensable pour réfléchir un peu et se sentir bien. Et si ça ne le fait pas, ça y contribue.

Franchement les gars. Vous avez des sites de streaming, tentez un peu, lancez un torrent, goutez-y posément et l'intégrale est accessible pour une centaine de deniers sur CDiscount. Et ça les vaut, ooooh que oui.  Je sais, on a pas toujours envie de se lancer éperduement dans un show dont les mérites sont vantées par un inconnu mais là c'est quelque chose de très complexe, de profond, d'incroyablement intelligent et surtout, un mot tellement difficile à employer, fondamentalement beau et poétique. 
Par Concombre Masqué - Publié dans : Télédérision - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 18:28
Pas d'idée de post? Facile! Regarde TF1 un vendredi soir, met ce que tu as vu en relation avec le pharaonesque 500è post de Néant Vert et paf! Ca fait une idée oh exploitable.

J'ai souvent rabâché ce que je pensais de la notion du mérite mis en corrélation
avec le gain d'argent dans un jeu télé lambda. Si on veut gagner quelques années de salaire, il faut choisir la bonne émission VOIRE le bon pays - parce que trimer dans la pampa Fijienne pendant 40 jours vous rapportera, au mieux 100 000 Euros si vous êtes Français (ne faites pas de procès à la boîte de production pour leur demander un statut et un salaire, sinon votre gain n'est plus valable et comme vous l'avez dépensé vous avez l'air infiniment con) et 1 Million de Dollars (soit 5 651 000 couronnes et deux centimes de couronnes!) bref comptez plus sur la célébrité octroyée par l'image aléatoire de votre personne que la boîte de production aura décidé de diffuser. Nan, à la TV, le meilleur moyen de gagner de l'argent, beaucoup d'argent c'est de répondre à des questions. Des simples questions à choix multiple. Depuis 2000, on peut se farcir le père Foucault, maître es QCM qui distribue des millions dans une émission au générique très douteux. Avoir une grosse culture générale et répondre à 15 questions pour gagner trente réincarnations de SMIC, ça me semble bien plus accessible que de crever la dalle et se faufiler dans le processus éliminatoire de Koh Lanta, pour choper un triste dixième de la récompense. Nan, vraiment, ça ne vaut pas le coup.

Les américains, eux, font la même chose mais en dix fois plus grand. Du coup, on peut choper une plus grosse somme... juste en répondant "oui" ou "non" à des questions personnelles. Tout simplement! 



The Moment Of Truth est un concept très... méchant, et je m'étonnes vraiment de pas avoir entendu parler d'une éventuelle adaptation française. Remarquez elle existe peut être mais sur la TNT, ce qui ne nous regarde pas, nous hommes et femmes de goûts... le principe est simplissime et assez dégueulasse. C'est un peu la quintessence du show à l'américaine : un présentateur qui veut à tout prix s'immiscer dans votre vie privée, un fauteuil bien confortable, un écran gargantuesque qui va faire office de décor et surtout, surtout un public qui va faire des "HAAAAAAN" et des poses faciales improbables dès que le candidat va dire quelque chose de gros. Et c'est bien le but du jeu : BALANCER A TOUT LE MONDE.

Pour faire simple : pour gagner de l'argent dans The Moment Of Truth, il faut répondre à des questions par "yes" ou "no". Avant de passer au billard, le candidat réponds secrètement à une série de questions, les réponses sont analysées par une machine mystérieuse et inconnue qui sort des tréfonds du KGB, le candidat entre en scène, s'installe confortablement sur un fauteuil rouge et fait face au regard inquisiteur du présentateur. En contrebas, se trouvent trois grosses connaissances du candidats, connaissances qui à part faire un peu de drama sont là pour un ressort que j'évoquerais plus tard. L'objectif est tout bête : dire la vérité sur une question personnelle. 21 questions personnelles, et aller loin est synonyme de faire apprendre des trucs devant l'Amérique et les internautes comme moi qui se délectent devant ce genre de concept retort. Il y a six paliers, de 6,5,4,3,2 puis d'une unique question, et les franchir rapporte respectivement 10K, 25K,100K,200K, 350K et 500 000 Dollars. C'est énorme me direz vous, mais la plupart des candidats s'arrêtent vers les cent mille et la plus grosse majorité repart les mains vides... Grosse condition sine qua non : se faire choper en flagrant délit de mensonge et c'est la sortie sans rien avec les huées et la satisfaction d'avoir avoué des trucs coquins pour que dalle.
Vous l'aurez probablement compris, si chaque pallier supérieur est plus court pour une somme d'argent toujours plus grosse, c'est que les questions deviennent rapidement extrêmement gênantes à répondre. On peut s'arrêter n'importe quand avant une question mais s'engager dans un pallier est synonyme de TENSION. Du coup, on peut se faire avoir en étant trop gourmand, ou trop honteux. N'oubliez pas que les producteurs font un petit travail de recherche sur vous pour que les réponses soient majoritairement positives. En revanche, une de vos connaissances peut vous faire squizzer une question à l'avance, en appuyant d'un geste assuré sur un gros bouton rouge. Je vous le disais, tout ça est volontairement traité en finesse.

Du coup, l'émission à un coté involontairement trop arbitraire. Après votre réponse à telle question, une voix robotique va dire "Cette réponse est... vraie/fausse" avec pour seule base les réponses données secrètement, de la même manière, avant l'émission. En plus certains passages sont assez... perturbant, comme si la mécanique du show se voulait volontairement moralisatrice.
Par exemple, quand une fille arrive à peine au palier à 100K et commence à sévèrement torpiller son couple, pour mieux se planter trois questions plus tard pour le double à la question "Pensez vous être une bonne personne" dont la réponse positive n'est PAS validée par le détecteur de mensonge, ça fait un peu trop "Tiens, Amérique, prends ça dans les dents pour tromper ton mec, tu DEVRAIS avoir honte" et on a cette impression latente que certains candidats sont  destinés à aller plus loin que d'autres - faut préciser que c'est la très conservatrice Fox qui diffuse. Bref, le show à l'américaine, avec toutes les incertitudes incluses dans la boîte rutilante.
C'est ça le truc. Un épisode dure une heure, ils pourraient être résumés en cinq minutes : question, réponse, question, réponse, drama, question, réponse et fail. Tout ça est entrecoupé d'une demi-douzaine de publicités, de blabla, d'interventions d'invités venus pour mettre un peu de bazar, mais si on regarde le show c'est bien pour espérer enfin être devant l'écran quand quelqu'un aura les couilles d'aller explorer les deux dernière paliers et ses trois questions encore vierges. La seule candidate à choper la question à 200K a du répondre à "Si votre mère est malade et demande à mourir, est-ce que vous l'aiderez" ce qui est assez soft je trouve mais là encore, c'est une question de public visé et de culture locale. Ouais, je traite un peu les Américains comme des indigènes habillés avec des feuilles de bananier mais c'est vraiment l'impression qu'il veulent diffuser, c'est leur choix, ils sont grands.

Du coup, on peut trouver des vidéos très synthétiques de certains candidats, pour le fun et pour voir à quoi peut ressembler la progression des questions intrusives. D'ailleurs celle là est assez marrante car représentative des deux premières étapes : des questions limites rigolotes sur le boulot, puis rapidement on embraye sur la famille et la petite copine, sans oublier les dernières questions de palliers qui, étonnamment, sont un peu plus douloureuses. "Avez vous honte de ce qu'il a pu se passer pendant votre passage dans la marine?" ... un peu comme dans les douches à l'armée.
Un show complètement arbitraire et voyeur donc, sans grand intérêt, mais au concept ravageur qui devrait pas tarder à débouler sous nos petits yeux excités.

Qui prendrait la relève d'une émission au concept si racoleur? Le temps de se poser cette énième
question indispensable, la réponse déployé par la chaîne qui nous a déjà tant habitués par son raffinement apparaissait d'elle même. Une réponse "TF1", subtile, originale, inédite, bien présentée, sympathique.



Toute cette subtilité! TROP de subtilité! On pourrait nager le crawl dans toute cette subtilité!

Le plus grand quiz de France est un fantastique déchet industriel. Vraiment, je ne sais toujours pas pourqui j'ai pensé que le truc aurait pu être sympa, autant les deux première émissions étaient assez ridicules, la soirée de vendredi était toujours aussi minable en plus d'être sacrément chiante. Heureusement, il ne reste qu'un prime que je ne regarderais pas mais ces trois premières soirées étaient une torture, un acte de bravoure, une belle preuve de masochisme, je me suis dit "mais pourquoi je suis encore en train de regarder" toutes les cinq minutes et se lamenter était encore plus divertissant, au final. Pourquoi? Au delà du traitement habituel de la chaîne sur ses divertissements et la cible visée, cette émission n'est qu'une vaste copie... une sous-sous-sous copie.
Cette émission est un gros pastiche assez minable de la nouvelle Star et du coup je sais pas vraiment comment en parler, le comparatif s'impose de toute façon. L'un après l'autre? En parallèle? Ou une bonne grosse descente en flammes des plus classiques? On va faire comme pour les oraux, on va traiter ça de façon linéaire.

Dans ses bandes annonces diffusées cet été, l'émission vantait sa recherche de la personne qui sait tout, en organisant ce qui ne s'assume pas être un casting, organisé dans 5 grandes villes de France. Pour s'engager et avoir une chance de participer au truc il fallait d'ores et déjà répondre par SMS à "Comment s'appelle le chien de Tintin", preuve de l'éclatant éclectisme déployé par la chaîne du bonheur.
Avant même le tournage de l'émission, le concept de "grande tournée" rappelait déjà la version télé-crochet de M6.

Trois mois plus tard... c'est le facepalm : les ressemblances sont totales, en fait la seule chose a peu près inédite c'est la "prestation" que doit fournir les candidats : répondre à dix questions, prises aux hasard dans un gros paquet fourni à l'avance. La visée est la même : trouver l'ultime personne, survivant/chanteur/mec cultivé qui empochera un chèque géant de 250K d'euros, remis probablement par une ex-miss france. Là encore, niveau récompense ça reste une belle arnaque pour faire quatre soirées regardées en masse par un bon nombre de péquins à l'oeil torve.
Cette première phase de casting est ... tellement similaire à ... la Nouvelle Star ... dans des proportions épiques et scandaleuses, tout, strictement tout est déjà pompé, en infiniment moins bien. Des tonnes de candidats font la queue pour passer devant le Jury (images de gens faisant la queue) et attendent leur tour dans l'angoisse ou la joie générale (images de gens révisant les questions au lieu de chanter en coeur autour d'un gratteux) pour enfin passer devant le Jury.

Et là mais quelle horreur les enfants. Autant dans la NS Lio et Sinclair sont sympathiques, Manoukian et Manoeuvre sont carrément hilarants à regarder, puis ces quatre jurés sont un peu éloignés de la chaîne, il s'amusent, il fracassent le quatrième mur, c'est plutot franc et sincère. Là, on a un trio composé par Jean Pierre Foucault, Christophe Dechavanne et Alexia Laroche Joubert, trois GROS piliers, d'une manière ou d'une autre, de la chaîne et ça en devient ridicule...  Les trois sont installés derrière une grande table lovée dans un décor très mauve, ils posent 10 questions à un quidam qui peut aller à "l'étape suivante" (mystère) si il a réponse à tout. Ces trois gens là sont tellement opportunistes qu'il n'y a aucune spontanéité, aucun interêt à
porter au "Jury", qui est pourtant l'étape la plus sympa de l'émission pompée. Ils ont néanmoins tout essayé et ont tout copié, jusqu'à reproduire les séquences "tranche de vie" entre les jurés qui rigolent grassement entre eux en faisant des non-blagues. Enfin, seulement
  Dechavanne car JPF ne fait que rire automatiquement et ALJ ne semble juste pas être là, comme si elle animait le truc depuis la pièce d'à coté.



Et c'est d'un lourd... assez difficile à supporter. Ni sympa, ni fascinant, ni drôle, ni que dalle. Juste un putain d'esprit lourdingue qui TF1 semble vouloir conserver à tout prix, c'est risible, et encore c'est que la description du jury, jamais crédible, jamais amusant, jamais intéressant.
Après y'a la présentatrice dont le nom m'échappe qui accueille et interwieve les candidats avant et après leur passage. A la manière... de Virginie E. et G. mais en insipide. Le traitement réservé aux candidats est un peu le même, sauf qu'en l'occurrence les limites d'âge sont explosées : toute la plèbe de plus de 16 ans pouvait y participer. Du coup, les gens sont volontairement moins charismatiques, voire tout simplement très cons. Le premier épisode présentait les castings Lillois, les animateurs sont allés jusque dans la ville de Maroilles pour recruter des candidats (Lille=Chtis'=Fromage Puant! SUBTIL) et c'est ça TF1, c'est nous montrer les petites gens qui sont pas foutus de sortir le continent de prédilection de l'Espagne. J'exagère, mais à la manière de M6 on nous présentait des petits reportages pour tel ou tel gus, en étant sûr que s'ils nous était présentés comme des intello-connards, ils allaient se planter dès la deuxième question. D'autres, à l'inverse, sont présentés comme de vrais crétins, répondent à dix questions crétines et y arrivent. C'est la leçon de vie, ne pas juger selon les apparences, tout ça, subtilité. Comme dans la NS, l'objectif n'est parfois que de créer de petites victimes qui sont ridiculisées par la tronche qu'il tirent. Il faut bien l'avouer : le montage de montrait pas un panel très élogieux des français férus de quiz. En regardant ça, on a l'impression que l'intégralité de la population est soit moche, soit conne, ce qui est tellement faux.... mais là c'est juste un étalage de beauferie et c'est douloureux.

Je vous parle de ces fameuses "dix questions" prises au hasard dans une gigantissime base de données de 15 000 questions, une vraie débauche de chiffres dans ce post! Le montage des séquences de castings de témoignaient pas d'une grande... justice. Dans les grandes lignes, si un candidat à une tête de con, il doit répondre à dix questions ridiculement faciles, mais si le candidat est âgé, à du bagage, de l'expérience, il doit répondre à des domaines pointus, précis, c'est un peu cheaté comme on dit. Bien sûr je suppose que tout ça n'est qu'une question de hasard mais non seulement on a entendu beaucoup de répétitions (comme si les listes étaient faites à l'avance...) mais ce sentiment de "la tête du client" était difficile à chasser. Tellement difficile qu'il est toujours là : j'ai toujours l'impression d'une véritable inégalité de traitement dans les castings, bref.
Après c'est juste une batterie de chose à tolérer et à supporter : des candidats qui ne sont la que pour se faire voir, d'autres qui sont de vraies têtes à claque... les pompages absolus de séquences (les fameux bêtisiers, qui ne font que montrer une phase de casting préliminaire dont personne ne parle) ou, tout simplement, un gigantesque problème de rythme. ON S'EMMERDE, c'est long, on doit supporter les non-vannes qui jaillissent de la télé pour venir vous violer les zygomatiques. Une torture qui ne se regardait plus que d'un demi-oeil au bout d'une demi heure. Du coup, deux semaines plus tard, c'est les demi-finales, où on suit les trois mêmes têtes de fesses qui ne gagneront pas répondre à une question toutes les demi heures, toujours dans une ambiance aussi convenue, non, stop, il faut que cela cesse, c'est plus supportable. "La nouvelle star du cerveau" ne mérite même pas cette comparaison (le show original étant tout juste sympathique) - et l'intelligence n'a rien à voir avec le fait de connaître les derniers titre des artistes labellisés Universal. Cette propension a désigner le "plus gros cerveau de France" en étant tellement à coté de la plaque (PLAQUE CHINOISE QUI PLUS EST) est désespérante, elle me conduit au désespoir. En plus, le générique ressemble beaucoup à celui d'une émission de quiz QCM que j'évoquais plus tôt, donc à rien. Une foule de gens limites décérébrés qui regardent gaiement le logo de l'émission. Gloire au plus grand quiz de France. Rama, rama.

C'est de la paresse. Paresse absolue et totale : aucune originalité de format, et la chaîne nous traite comme si on était incapables de digérer le moindre concept original, la moindre nouvelle tête, la moindre nouveauté de traitement.
Un incroyable et vaste foutage de gueule, vraiment. TF1, j'ai honte de te regarder. Je devrais lire mes bouquins plutot. Et essayer de gagner de l'argent honnêtement, avec Google Ad par exemple.

Par Concombre Masqué - Publié dans : Télédérision - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 15:00
Attention, la cohérence et les transitions de ce post sont dignes d'un épisode récent des Simpsons

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Hé bien chers amis, quelle folle soirée on vient de vivre. De votre coté, vous avez peut être, je sais pas, dîné au restaurant avec votre moitié,
êtes allés voir Cinéman ou le dernier Jeunet (...j'ai du mal à savoir lequel j'ai le moins aimé) à moins que vous n'ayez bossé, comme tout les gens ayant un tant soit peu les pieds sur terre. Moi j'étais fidèle au poste sur TF1, la chaîne du bonheur, qui en l'espace d'une demi heure fantastiquement douloureuse a du craindre pour sa vie. Pas de coupe du monde, c'est une diffusion moins intéressante pour les annonceurs, donc pour la chaîne, et c'est synonyme d'épisode des Experts pendant quinze jours non-stop en ratant des matchs qui peuvent être fascinants. Il n'empêche que c'est fait, on est qualifiés, les chances d'aller loin en cas de poule de départ un minimum difficile sont très minces mais on va y avoir droit à notre petite frénésie sportive. Ouais, quand je lis ici et là "ouin ouin on va devoir supporter la coupe du monde" je suis un poil blasé car oui bon... on va se taper quelques beaufs et des klaxons dans le cas peu probable où on gagne des matchs mais les mecs, c'est dommage de ne pas s'investir émotionnellement dans une compétition mondiale. Quand on voit le sérieux avec lequel certains internautes otaques s'investissent pour faire gagner telle ou telle tenue de personnage d'anime, je vois pas comment on peut cracher sur une compétition plus que passionnante qui non seulement nous permettras de nous sentir impliqués et de faire notre petit bout de chemin en tant qu'équipe (en plus jamais le moral des français n'est aussi haut que pendant ce type de configuration gagnante - ça permet entre autre de relativiser ses emmerdes) mais la monopolisation des médias pendant ces deux semaines va nous éviter les ineffables conneries pseudo informatives (départs en vacances, sujets sur le bac et le brevet, l'affaire du petit Théo cancereux et tout ces faits divers qui éclipsent les véritables informations) pour une véritable actualité internationale. Je ne comprends vraiment, vraiment pas ceux qui chouinent pour le coup.

Bon je passe mon tour sur le fait qu'on a complètement volé ce match, que les Irlandais étaient nettement plus méritants, tout ça. C'est vrai. Mais suivre cette configuration sur son pc, en mattant les réactions nationales des internautes avec HFR (voires mondiales avec Twitter) et entendre un flamage général sur RMC après, ça n'as pas de prix. Avec une bande de potes, c'est encore mieux. Je suppose.
Enfin voilà, c'était l'outing du jour. Les compétitions plus "mineures" ou nationales de Foot, je m'en cogne un peu mais pour le mondial je suis prêt à chanter l'hymne national tout les matins, si ça peut nous donner un groupe pourri.

Bien sûr tout ça nous rappelle 2006 et la sortie de ce fantastique titre de Jacno :
"Le sport nuit gravement à votre entourage-ageuh, le sport nuit gravement aux spermatozoïdes-ideuh, le sport provoque des maladies mentales-aleuh, le sport c'est d'la merde."
Un titre glacé et sophistiqué qui avait fait l'objet d'un des mes tout premiers posts, vous pouvez voir le très minimaliste et rigolo clip à cette adresse. Seulement voilà, Jacno est décédé y'a deux bonnes semaines, et je l'apprends brut de pomme en ouvrant les Inrocks, comme ça, sans prévenir. J'aurais pu l'entendre sur TF1 mais peut être que le bonhomme n'était pas "assez hype" pour supplanter les marroniers qu'on nous sert enrobé de sucre (qui. se. fout. d'une. polémique sur le droit à la fessée.)

En revanche, quand, Lundi Matin je me réveille comateux et j'entends un truc du genre "il avait tourné dès 13 ans dans "Louis Enfant Roi"" je me dis "Ho cool, on va parler de Jocelyn Quivrin, je l'avais tellement surkiffé dans 99 Francs et il a une putain de belle gueule faut avouer, en plus je lui ai marché sur le pied à Rock En Seine devant Offsprings haha prestige" et j'entends
"perdu le contrôle blah blah kaputt". Aïe. Effectivement, non loin de là, ce que je suppose être devant la boutique Harley Davidson, il s'est pris un poteau dans la face, comme deux ou trois personnes exactement au même endroit avant. Gros pincement au coeur quand même parce qu'il avait tout devant lui, il a pas encore tourné de film à sa gloire (même si la bobine de Jan Kounen l'a définitivement révélé) et son meilleur rôle restera probablement Lycidas dans Les Amours d'Astrée et Céladon et c'est tout. C'est un peu dommage, je sais pas qui, le temps d'une petite envolée lyrique a sorti que c'était "le Heath Ledger français" ce qui est un poil surabusif mais sur ce coup, la vie n'est pas très juste. Comme pour tout le monde, mais là bof.

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Ce screen est donc un Big Lipped Funny Alligator Aneuyrism Moment! Si vous ne pigez pas cette expression, vous ne lisez pas assez TV Tropes! Honte!

Ce qui est d'autant plus dommage car la dernière fois que je l'ai vu sur un grand écran, c'était pour LOL, et là j'arrive enfin à la thématique de base que j'avais en tête pour ce post. Souvenez-vous, LOL, le premier film générationnel de fiction, où tout le monde est beau, riche, campe des baignoires cinq places et fait des surboums après avoir pleuré de façon nostalgique avec Somewhere Only We Know de Keane (original) devant le métro parce que ouais, c'est trop pas juste, la vie elle est pas cool, ma copine pouffe elle a piqué mon petit copain fumeur à la moumoute protubérante, c'est trop nul quoi, je vais le noter dans mon journal intime avant de dépenser 5K en fringues quoi. BREF. C'est avec cette grosse bouse plus kafkaïenne que prévu que l'éternelle question du "comment on représente la jeunesse" (adolescent étant un terme relativement récent... notez l'allitération) s'est posée. Bon, là c'était plus un grand coup marketing pour Sophie Marceau qu'un réel questionnement intrinsèque parce que le but visé, pour un film sensé représenter les ados, c'est d'en être un et de reconnaître quelque chose. A ce stade soit je suis à coté de la plaque soit c'est une vision complètement fausse et suintante de pognon mais je ne vais pas y revenir, je vous l'épargne.

Nan en fait cette question m'est venue avec deux autres éléments. D'une part, la sortie des Beaux gosses en Dévéday. Sortie pas franchement discrète, grand coups de pub et multiplicité un peu suspecte des éditions collector méga plus plus deluxe à l'appui mais comme "anti-LOL" c'était pas mal. Non pas que la qualité du film en lui même était excellente, faut pas charrier mais la figure du djeun's était aux antipodes. Là on est plus dans les tréfonds de la banlieue, la classe est un petit melting polt, les deux héros sont un peu cons, mal habillés, boutonneux, pour l'instant ça fait juste l'opposé gratuit de l'autre film très huppé, là, mais les Beaux Gosses c'était autrement plus drôle, et volontairement de surcroît, c'est déjà pas mal comme progrès. Là on a une situation où le héros qui n'a pas grand chose pour lui se voit, pour une raison cosmique et inconnue, tomber sous le regard langoureux d'une belle petite poupée (j'aime écrire comme un mec de 70 ans c'est presque gratifiant) et, contre toute attente, ils se roulent joyeusement des pelles entre deux scènes sympa de tranche de vie. Par exemple, y'a une décor identique aux deux films : un cours de sport. Dans "LOL", on rit devant le ridicule de la scène "beuh j'te fais la gueule t'es plus ma copine" et devant les Beaux Gosses, on rit parce que la scène est drôle (le mec un peu limité mentalement qui fait sa galipette de façon un peu aléatoire) le prof de Physique se jette du cinquième étage et la scène est quand même drôle (je vous raconte pas le contexte hin hin) bref un film bien plus dynamique, bien plus drôle et sympa à regarder mais de là à dire que je me suis identifié aux persos, bah non toujours pas. C'était un peu plus bas dans "l'échelle sociale des lycées" vu que j'ai eu la chance de faire une scolarité pré-bac dans des bahuts privés cathos. Résumons nous : je pourrais me reconnaître dans un film se passant dans un établissement "UMP". LOL est "Phillipe de Villiers" et Les Beaux Gosses sont "PS". Bon, prenez pas trop au sérieux cette phrase qui allonge les raccourcis outranciers mais c'est un peu la jeunesse telle que le voit ces différentes crémeries... Après y'a la version carrément anarchiste avec "Entre les Murs" de Laurent Cantet, on retourne dans le lycée parisien mais exit le 17è arrondissement, bonjour Fallujah... la classe ne "se sent pas française", c'est un beau bordel, personne ne sait ce qu'il fout là et le prof principal en premier, interprété par un François Bégaudeau au top. Ce film brille par un fantastique dynamisme, une grosse énergie qui émane de ces scènes quotidiennes de tentatives de cours de français. Certains élèves apportent quelques petites intrigues supplémentaires mais la visée du film c'est surtout d'apporter une vision, complètement inconnue, d'une jeunesse à la ramasse et qui n'a pas les ressources ni les motivations spontanées pour s'en sortir. Je vais pas parler d'identification, ce serait complètement hors sujet mais niveau prise de conscience "ho! il existe une réalité parallèle et des gens sont assez motivés pour la traiter avec intelligence! Fou!" C'est pas mal non plus.

Le vrai problème de ce type de fiction (ou semi-fiction voulant avec plus ou moins de réussite coller à la réalité) c'est que la représentation adolescente est faite par des gens qui ne le sont plus depuis longtemps (d'ailleurs, les très progressistes ados du baby boom sont maintenant les acteurs d'une société un poil liberticide... quel pessimisme!) ce qui fausse un peu le truc. C'est là qu'interviennent les tout puissants anglais, avec leur sens habituel du trash en finesse. Vous voyez probablement où je veux en venir...



Skins est une série britannique, diffusée en 2007 sur E4 et toujours en production, dont le postulat de base est une série "pour les ados et faites par les ados", la phrase typique hein. Il n'empêche qu'effectivement, à coté de Jamie Brittain qui a produit les premiers épisodes, pas mal d'ados acteurs ont contribué à l'écriture des scénarios. Le produit fini est un peu... perturbant. Dès les premières campagnes promo de la diffusion sur Canal, les photos promotionnelles me laissaient un peu sceptique : des ados à poil en train de faire la fête dans l'alcool et le vomi... représentatif de la jeunesse locale, à Bristol? Peut être, mais en ce qui me concerne c'était une énième plongée dans l'inconnu. En fait, ce show a divisé deux grandes écoles...

- "Wow, c'est trop représentatif, voilà de vraies situations, de vrais problèmes, de vrais personnages, c'est cool, MOAR."
- "Putain, quand je mate Skins je déprime, ma vie est tellement morne et vide à coté, je suis à coté de la plaque, je pars me pendre avec mon Mi Grave"

... et quand j'ai maté un épisode pour la première fois, je me suis vraiment, mais vraiment senti placardé dans cette deuxième catégorie. Le pilote paraît tellement excessif... l'intrigue du mec qui envoie chercher de la drogue à son meilleur pote, la quête du dépucelage, les teufs alcoolisées et gigantesques, la bagnole qui finit dans le canal à la fin, et surtout les gamines de 8 ans qui se prennent déjà pour des pétasses, ça faisait beaucoup. Excessif ET pas d'identification, j'ai pas nettement apprécié. En plus tout ça était franchement paradoxal : une série aussi couillue qui abordait comme ça, cash, des thèmes qu'on ose à peine figurer ici comme les familles monoparentales, la drôôôgue, l'autisme, l'homosexualité, l'avortement et la mort de l'ado (hé oui) le potentiel était là. Le 1x05, "Sid" m'a définitivement achevé dans la déprime, trop de similitudes tue la motivation, je me reconnaissais plus dans les petites facettes d'un perso que dans l'intégralité du casting.
Si on prends les persos à part, on a Tony, fieffé connard et manipulateur mais charismatique héros principal, son meilleure pote Sid, un peu "Butters" qu'on hésite pas à envoyer au casse-pipe, Michelle, l'hypoténuse amoureuse entre les deux persos précédents, Cassie la foldingue anorexique, Maxxie le jeune gay danseur, Chris le fêtard neuneu et Anwar, le musulman qui a du mal à concilier religion et "vie de jeune des temps moderne". Sur le papier, ça fait pas mal de poncifs et effectivement, ils sont appuyés. D'une manière un chouilla fatiguante. Ces ados là fument, baisent, font la fête, ne se soucient de rien, cotoient plein de monde et sortent en boîte, bref je débarquerais dans ce show je serais un alien total et c'est énervant quand on mate une série que tout le monde juge criante de vérité. J'avais lâché l'affaire pour cette fois.

Deux ans plus tard, je mate un épisode de la saison deux sur Canal. Focalisé sur le même perso, Sid. (Ouaip, un peu à la manière Lostienne chaque épisode suit le parcours d'un perso en particulier, sans pour autant oublier d'enrichir la cohérence d'ensemble du scénario) et... c'est comme si je matais un show différent. J'ai vu un épisode incroyablement sombre (cette série est très très méchante avec ses personnages) et construit, basé avec intelligence sur les ressorts de l'amitié, de la filiation, de l'amour compliqué, bref un tas de trucs subtils - le tout enrobé par une BO de qualité (scène de pêtage de cable cathartique devant les Cristal Castles en concert, pas mal)
---- Pause BO. Pour des raisons qui m'échappent, probablement des problèmes de droits musicaux, les mêmes qui nous empêchent depuis dix ans d'avoir des DVD de Malcolm, certains morceaux ne sont pas les mêmes en VF/Version DVD. Ben vous savez quoi, je préfère largement la notre. C'est fou, comme le chocolat Lanvin) ----
Je disais, une BO qui tue, des finesses de scénario, des personnages sombres, des situations qui ressemblent à quelque chose et une ambiance nettement moins superficielle. Je ne sais pas si ce clivage est du au ... changement de saison mais en remattant la première donc, j'ai outrepassé au maximum ce qui avait pu me fatiguer pour me concentrer sur les bons cotés du show, qui mûrit avec le temps, en tout cas cette seconde lecture a été totalement différente et pleine de subtilité, on retrouve bien les marques de l'ado strigmatisé de Virgin Suicides ou Elephant - version anglaise, version débauchée, version introspective. Et ça change formidablement bien des trucs amusants mais lourdingues à la Supergrave et autres teens-movies, même si je peux toujours pas saquer cet aspect "On est des jeunes anglais! On fait la fête et on se vomit à la gueule youhou!" je pige pas.
A partir de la troisième mouture, le casting change radicalement, on a qu'un personnage secondaire en commun comme repère c'est assez perturbant, il faudrait que je mate tout ça.

... mais au final, toujours pas d'identification. C'est inextricable. Je vais collecter des fonds et on va tourner notre propre série criante de vérité. J'ai dit!

Je pourrais teaser un peu et lancer que niveau "image de la jeunesse dans une salle de classe" les japonais nous ont pondu un anime formidable mais ce sera pour une prochaine fois... et en deux parties.

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